RH

L’entreprise de demain ? Plurielle

06.01.2021
par Fokus Online

De plus en plus d’entreprises misent sur des politiques d’inclusion et de diversité. Cette démarche, nécessaire, semble difficile à instaurer et soutenir pour de nombreuses compagnies. Pourquoi et comment créer la culture inclusive de demain ? 

La diversité et l’inclusion sont deux concepts indissociables. L’inclusion concerne la manière dont un milieu, celui des entreprises par exemple, intègre, respecte et valorise les différents groupes de personnes. La diversité fait justement référence à ces différents groupes de personnes et à la pluralité de leurs identités et cultures : croyances politiques et religieuses, classes sociales, origines, genres et orientations sexuelles.

Si ces différences sont, de multiples façons, représentées dans la société, elles sont parfois, aujourd’hui encore, synonymes de barrières sur le marché du travail. Cette diversité pourtant apporte de nouvelles perspectives au monde du travail et constitue une richesse pour les entreprises, comme l’explique Olivier Blanc, Directeur RH de Nestlé Belgique et Luxembourg, pour qui « l’inclusion et la diversité sont simplement les bonnes choses à instaurer en entreprise. Toutes les recherches en Ressources Humaines prouvent que cela les rend plus performantes. Que cela ouvre la créativité et permet de mieux répondre aux besoins des clients. »

En promouvant l’égalité des chances et en créant un environnement de travail propice à l’inclusion, les entreprises s’engagent à donner une chance aux salariés d’exprimer tout leur potentiel. « Plus que jamais les employeurs remarquent que ces politiques ont des avantages : elles permettent de rentabiliser des compétences déjà présentes au sein de l’entreprise ou d’autres qu’ils pourraient engager. » C’est ce que constate Didier Boone, Coordinateur Accompagnement et Formations chez Unia. Et là réside un enjeu important pour le monde du recrutement. « Ne pas prendre en compte la diversité, c’est risquer de laisser s’échapper des talents. Les compétences ne s’arrêtent pas à la couleur de peau, à un handicap ou à une orientation sexuelle. L’enjeu pour les employeurs est d’engager l’expertise et les compétences dont ils ont besoin. »

Et, concrètement, comment favoriser un environnement de travail inclusif ? « Il faut former l’ensemble des collaborateurs aux biais inconscients, car c’est l’une des causes principales du manque d’acceptation de la diversité. Chacun est limité dans sa capacité à voir l’autre tel qu’il est, car chacun a sa propre vision du monde. Il faut apprendre aux gens que la différence existe et qu’il est possible de se débarrasser des idées préconçues », analyse Olivier Blanc. Unia, ex-Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme, accompagne les organisations belges dans leur réflexion autour de la non-discrimination. Le but est de les amener vers une approche conjointe entre inclusion des salariés et bien-être au travail, cette dernière notion étant déjà primordiale pour de nombreuses organisations. « Si vous travaillez la question du bien-être au travail, vous travaillez déjà en partie la question de la non-discrimination », explique Didier Boone. « Dans ce cas-là, notre travail est d’enraciner ces thématiques dans une politique déjà bien rodée. »

Qui dit diversité et inclusion, dit également égalité homme-femme. Une forme de discrimination encore présente en Belgique qui se traduit entre autres dans l’écart salarial ou par la sous-représentation des femmes dans certaines sphères de la société. « L’un de nos objectifs est d’avoir au moins une femme dans chaque plan de succession aux postes clés afin d’offrir les mêmes opportunités aux femmes et aux hommes », explique Olivier Blanc. Et un moyen d’y aboutir, pour les entreprises, est d’instaurer, sur la base du volontariat, un régime de congé parental identique à tous les jeunes parents, quel que soit leur genre. 

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