Interview

Ann Martens: « Il faut se concentrer sur ce que les collaborateurs trouvent important »

Directrice générale de Start People depuis 4 ans, Ann Martens fait du bien-être de ses employés une mission prioritaire. Avec nous, elle aborde notamment sa vision de la culture d’entreprise, l’importance d’avoir des valeurs fortes, et le rôle essentiel de la transparence.

Directrice générale de Start People depuis 4 ans, Ann Martens fait du bien-être de ses employés une mission prioritaire. Avec nous, elle aborde notamment sa vision de la culture d’entreprise, l’importance d’avoir des valeurs fortes, et le rôle essentiel de la transparence.  

En 2020, Start People a été élue « Best employer in Belgium », dans la catégorie des grandes entreprises. Qu’est-ce que cela signifie ? 

« C’est une preuve externe que nos employés se sentent bien dans notre société. Ce titre est obtenu à l’issue d’une enquête auprès des collaborateurs, et d’un audit sur la culture d’entreprise. Mais c’est surtout le fruit d’un travail de dix ans chez Start People pour améliorer la satisfaction des travailleurs. » 

C’était important dans votre secteur ?

« Nous avons beaucoup de jeunes consultants, et ils n’ont pas un job facile, car ils sont placés entre entreprises et candidats, qui sont tous les deux leurs clients. Ils doivent en outre composer avec un marché de l’emploi difficile et une législation toujours plus compliquée. D’où l’importance de les soutenir. »  

Parlez-nous de l’institut « Great place to work », qui vous a décerné ce titre du meilleur employeur. 

« Cet institut a développé une méthodologie pour créer de bons environnements de travail, autour de la confiance, de la fierté et de la camaraderie. Nous travaillons donc constamment sur ces trois éléments. Et chez nous, la camaraderie est particulièrement élevée. Par exemple, quand les demandes ont explosé pour trouver des profils de traceurs COVID, certaines de nos équipes ont organisé d’elles-mêmes des soirées et des weekends de travail. Les équipes sont conscientes des objectifs communs et se serrent les coudes. » 

Concrètement, qu’est-ce qui fait de votre société un lieu où il fait bon travailler ? 

« Je pense que l’une des clés, c’est de se concentrer sur ce que les collaborateurs trouvent important. Et pour arriver à cela, il faut beaucoup communiquer, être totalement transparent et arriver à créer une ambiance participative. Par exemple, la participation, nous y arrivons via de nombreuses enquêtes spécifiques. Avant la crise, je faisais aussi des ’’Captain’s table’’ : j’invitais tous les collaborateurs qui le souhaitaient à venir discuter avec moi d’une problématique autour d’un lunch. » 

Au fond, quelle serait votre définition de la culture d’entreprise ?

« La culture d’entreprise, c’est une chose à laquelle on peut raccrocher chaque décision que l’on prend. C’est un lien partagé, qui repose sur les valeurs de l’entreprise. Chaque décision doit être en adéquation avec ces valeurs, et tendre vers notre objectif, qui est la satisfaction de tous nos collaborateurs. » 

Essayez-vous de transmettre un peu de votre culture à vos clients ?  

« Oui. Et je pense surtout à cette transparence dont je parlais précédemment. Une enquête récente auprès de nos intérimaires a révélé qu’ils veulent recevoir un feedback honnête, rapide et personnalisé. Nous sommes en mesure de le faire grâce au digital, qui permet ce feedback, mais permet aussi de dégager du temps pour un entretien personnalisé, sur base des premières données recueillies. Les intérimaires constituent par ailleurs un groupe très diversifié, et ils s’identifient facilement à l’élément de diversité qui constitue aussi notre ADN en tant qu’entreprise. » 

En tant qu’acteur des ressources humaines, était-il essentiel pour vous d’avoir une réflexion sur le bien-être au travail ? 

« En tant que société RH, cette réflexion est cruciale. Et je préciserais : surtout dans le contexte actuel. Nous vivons une période de changement, et c’est très important que tout le monde continue à se sentir impliqué. Récemment, j’ai encore eu des réunions à distance avec les équipes, les agences, pour essayer de déterminer les préoccupations de chacun et travailler dessus. Nous prenons aussi des initiatives sur le bien-être, en mettant à disposition de nos travailleurs, ainsi que des intérimaires, des services externes de soutien.»  

Revenons aux valeurs d’une entreprise. Comment s’assurer qu’elles soient compatibles avec celles des travailleurs ?  

« En interne, on se compare souvent à une grande famille. Et ce qui lie une famille, ce sont les valeurs communes. Chez nous, les valeurs de l’entreprise ont d’ailleurs été choisies par la collectivité, pas uniquement par la direction. Et quand un candidat postule, il doit systématiquement remplir un test de valeur, pour voir si sa culture personnelle colle bien avec celle de l’entreprise. »  

Pendant les confinements, il y a eu du télétravail à 100 %. Comment faire pour maintenir une vision commune et un environnement de travail agréable ? 

« L’important, c’est de maintenir la communication, de garder le contact. Pour la motivation, nous avons demandé aux managers d’être créatifs et de trouver des idées. Cela s’est traduit par l’envoi de boîtes-apéro ou par l’organisation de jeux virtuels. Dans cette période, le leadership des cadres est super important, même si l’équilibre entre contrôle et confiance est difficile à trouver. Il faut aussi communiquer un maximum sur les bons résultats, cela aide bien. » 

Quels conseils donneriez-vous à une entreprise qui cherche à établir une culture d’entreprise reposant sur le bien-être ? 

« Je lui dirais de le faire par conviction et non pour le certificat. Il faut impliquer chaque collaborateur dans le processus, pour savoir ce qui le préoccupe et pourquoi. Et quand on obtient des réponses, on doit être capable de les traiter, d’en faire quelque chose. Ce qui amène à la partie la plus difficile : expliquer et justifier la réalisation de certaines demandes et pas d’autres. L’essentiel est d’être transparent et de pouvoir s’exprimer sans tabou. »

SMART FACT.

Si vous n’aviez pas travaillé dans les ressources humaines, vous auriez été…

« Très honnêtement, je ne sais pas quoi répondre. Le monde des ressources humaines a tellement évolué en 25 ans, que je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer ! Il y a toujours des défis et des imprévus, cela me convient très bien, surtout que je me sens utile. » 

06.01.2021
par Fokus Online

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