Energie

Investissement : allier l’éthique et le profit

02.09.2021
par Charlotte Rabatel

Une partie des investisseurs ne veut plus se contenter de placer son argent en vue de sa rentabilité financière, au détriment de son impact. Le business devient social et environnemental : les investissements à impact grandissent et gagnent leur place dans le système économique.

Lorsqu’on questionne Céline Bouton, la directrice du développement de LITA.co en Belgique sur la modernisation du capitalisme par l’investissement à impact, elle répond par l’affirmative. « C’est une façon d’utiliser les outils du capitalisme, qui montre que le système peut être divers, pluriel et vertueux », explique-t-elle. LITA.co organise des levées de fonds pour des entreprises qui ont un impact social ou environnemental. Il s’agit donc d’investir dans des entreprises qui visent un impact social ou environnemental positif avec un business model fiable. « Il y a un intérêt grandissant pour cet investissement durable, nous avons une courbe de croissance au niveau des investisseurs qui est exponentielle. »

La plateforme a d’ailleurs connu un pic d’investissement lors du premier confinement. « C’est lié au fait qu’il y a eu une prise de conscience sur le fait que nos systèmes de production et de consommation étaient liés à des entreprises qui produisent à l’étranger, qui sont complètement délocalisées, LITA.co est d’ailleurs vu comme un acteur du circuit court de la finance », souligne Céline Bouton. « Ce côté de l’impact signifie aussi investir localement, dans des entreprises qui ne vont pas faire de la spéculation sur les marchés financiers, etc., mais dans des entreprises avec des emplois locaux et des activités locales. » Céline Bouton parle également de la différence entre l’investissement socialement responsable (appelé ISR) et l’impact investing. Quand le premier évite les mauvais investissements, « ce qui est lié au travail des enfants ou à l’armement par exemple », le second vise une réelle transformation avec un réel impact. « Dans des fonds ISR vous pouvez retrouver Total ou Engie par exemple », explique-t-elle.
Pour Morgane Kubicki, chargée de communication chez Financité, « il est clair qu’il y a un intérêt grandissant pour la finance responsable. Plein de gens se rendent compte que la finance est un outil fondamental dans la transition environnementale. » Financité est une organisation qui développe notamment des outils autour de la promotion d’une finance justement plus responsable.

Il est certain qu’il y a beaucoup de personnes dans le monde financier qui commencent à comprendre le rôle qu’ils ont à jouer, et qu’ils jouent de mieux en mieux.

— Morgane Kubicki

Pour la chargée d’édition, si l’on parvenait à ce que « les fonds qui se disent socialement responsables le soient au minimum syndical, ça serait déjà un grand pas ».

Convaincre les investisseurs qu’on peut allier éthique et profit n’est pas nécessairement le bon chemin pour Financité. « Le problème de la finance verte telle qu’elle est présentée aujourd’hui, c’est que le profit reste la première préoccupation, à partir du moment où il y a ce raisonnement, c’est difficile d’entamer une réelle transition », souligne Morgane Kubicki. « Cela signifie que l’on raisonne encore purement en termes de profit et que l’on n’est pas capable de se passer d’une partie potentielle du profit pour une meilleure transition environnementale ou pour de meilleures valeurs. » Mais l’organisme a conscience qu’on ne peut pas passer du jour au lendemain d’une finance telle qu’elle est aujourd’hui à une finance verte. « Mais il est certain qu’il y a beaucoup de personnes dans le monde financier qui commencent à comprendre le rôle qu’ils ont à jouer, et qu’ils jouent de mieux en mieux. » Finalement, pour allier éthique et profit en termes d’investissement, le meilleur indicateur est la transparence d’une entreprise sur ses activités, ses partenaires, mais aussi ses autres investisseurs.

Article précédent
Article suivant