infection
R&D

Réduire les risques d’infection en milieu hospitalier !

18.11.2021
par Fokus Online

Le risque zéro n’existe pas bien sûr. Il est en revanche possible de diminuer le taux des infections associées aux soins en Belgique. Un travail de vigilance et de prévention qui passe logiquement par le personnel de soins, mais aussi par les patients.

Prévalence des infections

Les chiffres font mal : « Si on compare les chiffres belges avec ceux des Pays-Bas, nous nous en sortons relativement mal. La prévalence des infections en Belgique atteint 7,2 %1, contre un taux d’à peine 4,9 % aux Pays-Bas2 », détaille Hans Hellinckx, Public Policy & Governmental Affairs Manager Benelux de la société BD. « Le Ministre de la Santé publique et des Affaires sociales, Frank Vandenbroucke, et l’INAMI ont intégré les objectifs de santé dans la trajectoire budgétaire 2022-2024 en tenant compte aussi de la notion “des soins appropriés”. Dans ce cadre “beMedTech”, la fédération belge de l’industrie des technologies médicales, avec l’aide, entre autres, de BD, a introduit un projet à la taskforce de l’INAMI appelée “soins efficaces”. Son objectif : réduire les infections liées aux soins de 50 % et augmenter la prévention des résistances antimicrobiennes qui en découlent. »

La prévention

Pour s’inscrire dans ces objectifs, l’élément essentiel reste bien entendu la prévention. « Tout dépend bien sûr des soins prodigués au patient et du fait que celui-ci est plus ou moins “réceptif” à certaines infections », précise Anne Simon, Médecin spécialiste en prévention et contrôle des infections pour le Groupe Jolimont. « En plus de l’hygiène des mains, qui reste la première mesure de prévention de la transmission des infections, il existe bien entendu aussi des procédures regroupant une série de points critiques pour éviter de telles infections. Par exemple, il est préférable de tondre plutôt que de raser un patient qui s’apprête à subir une opération.

Pour une raison simple : le rasage abîme la peau en surface, ce qui peut donc favoriser les infections. Concernant l’utilisation de cathéters, il existe aussi quelques “guidelines” à respecter scrupuleusement. Par exemple, il ne faut jamais oublier que, si c’est possible, le mieux reste toujours de ne pas en poser. Et si c’est inévitable, il faut se poser la question chaque jour de savoir si le cathéter est toujours nécessaire. De manière générale, il s’agira d’éviter au maximum d’utiliser des dispositifs invasifs.

La meilleure solution

Lorsque la pose d’un cathéter est justifiée, débute alors un travail multidisciplinaire pour proposer au patient la meilleure solution pour son traitement. Le choix du dispositif est primordial et aujourd’hui, il existe des logigrammes qui permettent de choisir le cathéter en fonction de critères prédéfinis. Le cathéter sélectionné (périphérique, Midlines, PICC lines et autres) sera géré lors de la pose, de l’utilisation, de l’entretien et du retrait par les bons gestes définis dans des procédures claires. L’usage de systèmes clos sur les cathéters permettent également de réduire les infections. »

Care bundle

Un concept intéressant est celui du « care bundle » Schématiquement, chacun de ces « care bundles » reprend quatre ou cinq mesures de prévention essentielles et incontournables adaptées à des actes particuliers. « On sait que si toutes les mesures de prévention sont appliquées en même temps, le risque d’infection tombe au minimum », continue Anne- Simon, qui reprend l’exemple du cathéter déjà cité : « Outre la règle consistant à se demander si le patient en a vraiment besoin, et celle qui doit pousser à se poser la question quotidienne de le conserver, il ne faut pas oublier non plus d’appliquer ce qu’on appelle “les barrières aseptiques” quand on le place, notamment par l’utilisation de gants, d’un chapeau stérile et de toute une série d’autres protections. Enfin, il ne faut jamais oublier de désinfecter le cathéter et l’endroit où il est appliqué, au moyen d’un produit contenant de l’alcool.3 »

Par ailleurs, le patient peut bien entendu, lui aussi, prendre part au processus de prévention. « Il doit en effet également être sensibilisé aux règles d’hygiène de base pour réagir aux risques d’infection qu’il observe et, le cas échéant, en parler au personnel soignant. C’est ce qui fait que la prévention répond à un modèle multimodal. Et c’est bien entendu essentiel pour son efficacité pleine et entière !»

Références

  1. Vrijens F. Gordts B. De Laet C. Devriese S. Van De Sande S. Huybrechts M. et al. Nosocomial Infections in Belgium, part I: national prevalence study. Health Services Research (HSR). Brussels: Belgian Healtch Care Knowledge Centre (KCE); 2008. KCE reports 92 (D/2008/10.273/72)
  2. PREZIES. Prevalentieonderzoek, 2019 :
    https://www.volksgezondheidenzorg.info/onderwerp/zorginfecties/cijfers-context/huidige-situatie#node-prevalentie-zorginfecties-ziekenhuizen
  3. Guenezan J, Marjanovic N, Drugeon B, et al. Chlorhexidine plus alcohol versus povidone iodine plus alcohol, combined or not with innovative devices, for prevention of short-term peripheral venous catheter infection and failure (CLEAN 3 study): an investigator-initiated, open-label, single centre, randomised-controlled, two-by-two factorial trial. The Lancet, February 1.

Le témoignage ci-dessus a été transmis volontairement par le client et sans aucune compensation de BD. BD, le logo BD et les autres marques commerciales sont des marques commerciales de Becton, Dickinson and Company ou sont ses filiales. © 2021 BD. Tous les droits sont réservés.

Article précédent