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Le syndicat par et pour les jeunes

L’affiliation à un syndicat n’attend pas forcément l’âge adulte, loin de là ! Il est possible de rejoindre les rangs syndicaux dès ses 15 ans, ce que conseillent les syndicats. Le moment idéal selon eux : à l’occasion de son premier job étudiant, stage ou convention d’apprentissage. Pour choisir en meilleure connaissance de cause, pour comprendre le monde qui nous entoure, pour lutter contre la précarité et l’extrême droite, mais aussi pour s’inscrire dans des combats sociaux collectifs.

« Nous observons de plus en plus de jobs étudiants précaires. Avec des contrats prévoyant un nombre d’heures de travail illégal, des horaires non respectés, voire des heures supplémentaires impayées », note Jeanne Maillart, Responsable Nationale des Jeunes CSC. « On ne rappellera jamais assez que les jobistes sont aussi des travailleurs ! »

Résultat des courses : il n’est pas nécessaire, et même pas souhaitable du tout, d’attendre trop longtemps avant de devenir membre d’un syndicat !

« Je dirais que l’idéal est de rejoindre un syndicat vers l’âge de 15 ans », complète Jeanne Maillart. « Ce sera l’occasion d’opter pour un travail en étant informé de ses droits, notamment pour des niveaux contractuels et salariaux corrects ; mais aussi des règles en matière de sécurité sociale, notamment… Sur le terrain, on constate souvent que les droits des jobistes ne sont pas toujours respectés. En s’affiliant, gratuitement pour les jeunes, à un syndicat, l’étudiant pourra, outre des informations fiables en la matière, profiter également d’une assistance juridique sur mesure et gratuite, là aussi. Autre fléau dans le monde du travail en général, et dans celui des jobs étudiants en particulier : le travail au noir. Car c’est évidemment la porte ouverte à tous les abus ! On est, alors, dans l’irrespect total. Cette absence de statut légal fait qu’il n’existe alors aucune protection en cas d’accident de travail, que les horaires prévus sont souvent peu suivis. Et que les salaires sont plus bas que le minimum légal, notamment dans le cadre du travail de nuit ou de week-end, qui, légalement, doit être mieux payé que le travail de jour en semaine. Tout le monde le sait, mais beaucoup font semblant de ne pas connaître la loi. »

Plus nombreux sont les affiliés, plus ils seront capables de faire entendre leurs voix.

Le job étudiant, première bonne raison de s’affilier !

Et le travail étudiant reste, en outre, un secteur particulier. Dont le paradigme a changé « Ces dernières années, par rapport à ce qu’il se passait avant, on observe que les jobistes travaillent davantage par nécessité que pour les extras qu’un job complémentaire pouvait leur rapporter, ce qui était le cas avant. Et c’est évidemment inacceptable ! Car le boulot premier d’un étudiant est d’étudier. Toutes les études prouvent que le fait de travailler et d’étudier en même temps provoque davantage d’échecs scolaires.

De façon plus globale, d’ailleurs, on constate que tous les régimes de travail “atypiques”, genre jobiste, intérim, flexi-jobs et autres ont généré une sorte de spirale de la précarité. De plus, une fausse idée circule, et a la vie dure au sujet de l’emploi des jeunes : ce public ne chercherait pas assez d’emploi. Comme s’il ne voulait pas travailler. Ce qui est bien entendu complètement faux. Tout d’abord parce qu’il existe un chômage structurel en Belgique, où il n’y a tout simplement pas assez d’emplois disponibles. Et puis, même si on disposait de suffisamment de jobs, il faudrait encore qu’il s’agisse d’emplois de qualité. Ce qui n’est pas toujours le cas, loin de là…

Il importe donc d’énoncer des revendications salariales précises. Dans notre cas, par exemple, elles s’articulent comme suit : pour tous les publics, notre revendication de base est l’individualisation et l’automatisation des droits. Pour les travailleurs en général, nous demandons l’engagement prioritaire en CDI et la réduction collective du temps de travail. Plus spécifiquement, pour les travailleurs précarisés, nous visons à la limitation définitive à 6 mois, plutôt qu’un an, du nombre de jours nécessaires à l’ouverture des droits au chômage pour les intérimaires et CDD.

Concernant les jeunes travailleurs sans emploi, il s’agira de demander la suppression du stage d’insertion de 75 jours plutôt qu’un an, et de ramener à 30 ans, au lieu de 25 ans actuellement, l’âge limite pour ouvrir son droit aux allocations d’insertion. Pour les jobs étudiants, nous militons pour un salaire étudiant. Pour les jobistes, enfin, nous militons pour l’accès aux différents régimes de chômage via des contrats étudiants cotisant davantage à la sécurité sociale. Et enfin, pour les apprentis, nous demandons l’augmentation de la rémunération des jeunes en alternance. »

Et toutes ces problématiques, chaque fois spécifiques autour de l’emploi des jeunes ou l’emploi en général, illustrent bien la raison première de s’affilier à un syndicat ! Mais ce n’est pas la seule raison, loin de là !

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Lutter contre l’individualisme

Il ne faut en effet jamais oublier non plus que l’inscription d’une personne à un syndicat renforcera le mouvement global. Une chose de plus en plus fondamentale à rappeler en cette période de plus en plus individualiste. « De fait », confirme Jeanne Maillart, « c’est la logique des petites rivières qui finissent par donner naissance à un grand fleuve. Ou celle de l’union qui fait la force ! Plus nombreux sont les affiliés, plus ils seront capables de faire entendre leurs voix, notamment dans les sphères politiques et économiques, auprès des dirigeants dans tous ces secteurs. »

Et les choses se complètent, bien entendu : Mieux les jeunes sont informés sur une multitude de questions sociopolitiques, plus ils sont conscients du rôle qu’ils ont à jouer et de la voix qui est la leur. Notamment dans le cadre de revendications liées au monde du travail. Mais pas uniquement…

« L’actualité politique est complexe à appréhender. Il s’agit donc de la comprendre, de la décrypter et de la mettre en lumière au regard des luttes sociales du passé. L’objectif de tout cela est de devenir un acteur de la société, et non plus un “simple” sujet. C’est le meilleur moyen de se faire entendre. »

De même, toujours au rayon de l’information, il est devenu de plus en plus important d’apprendre à décoder et analyser l’information qui parvient aux ados et jeunes ados par des canaux aussi divers que variés. « Avec les réseaux sociaux qui constituent souvent une source majeure d’information pour les plus jeunes, voire carrément la seule source toute courte, il est essentiel d’apprendre à appréhender tout cela, de hiérarchiser, de multiplier les sources et de développer son esprit critique. »

L’objectif de tout cela est de devenir un acteur de la société.

Des combats sociaux et sociétaux collectifs

Enfin, troisième très bonne raison de commencer jeune à s’inscrire dans un mouvement syndical : faire barrage aux partis d’extrême droite ! Jeanne Maillart enchaîne : « Les formations qui peuvent être suivies au sein d’un syndicat incluent notamment la lutte constante contre le racisme et le sexisme, non seulement sur les lieux de travail, mais aussi de manière générale. Le renfort d’un mouvement syndical, par le fait de s’y inscrire et donc de “faire nombre”, permettra bien entendu de renforcer une dynamique et d’envoyer un message clair aux partis d’extrême droite, prônant sans cesse les divisions de tous types. »

Vers l’autonomie financière…

De manière très générale, donc, un syndicat permettra à quiconque s’en rapproche de lutter contre tous les types d’inégalités. Et il y a encore du boulot ! « Il faut savoir que la reproduction des inégalités sociales passe encore avant tout par l’école ! Nous évoluons dans une société surtout traversée par des politiques de droite depuis des décennies. Et cela se ressent, bien entendu. La deuxième tranche d’âge la plus exposée à la pauvreté est celle des 18-24 ans. Qu’est-ce que cela dit de notre société ? Les choses ne peuvent pas rester en l’état. Pour cela, il faut avant tout augmenter le salaire brut, ce qui permettra donc de relever le niveau des cotisations sociales. Mais sans toucher au salaire net. Une fois une certaine autonomie financière acquise par les jeunes, ils savent se montrer très avisés et très rigoureux dans la gestion de leur budget. C’est également une idée reçue de croire que les jeunes seraient incapables de gérer leur argent. »

04.10.2021
par Fokus Online

En association avec

Les Jeunes CSC œuvrent à quatre missions par et pour les jeunes. Tout d’abord la défense des intérêts des jeunes auprès des décideurs. Ensuite un renforcement de la solidarité, en Belgique comme avec le reste du monde. Puis la formation des jeunes à la participation citoyenne sur base des réalités qui les touchent au quotidien : formations à la communication et sur différents thèmes comme l’influence de l’Europe, la sécurité sociale, la citoyenneté… Et enfin l’information et le conseil des jeunes sur leurs droits, notamment en matière de réglementation des jobs d’étudiants…

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