Interview par Bastien Craninx

Élodie de Sélys: « J’ai tendance à vouloir être parfaite même si mon mari m’aide à lâcher prise »

Élodie de Sélys est depuis un peu moins de 20 ans un visage familier de la RTBF. Véritable bourreau de travail, elle est également maman de deux enfants dans un foyer qui en compte cinq. Mais comment fait-elle ?

Quelle est une journée type pour vous ?
« Je me lève à 6h30 et j’espère pouvoir profiter un peu du calme avant la tempête. Et ensuite, c’est la course ! C’est souvent mon conjoint, Benjamin, qui conduit les enfants à l’école à 8h, parce que j’ai une émission de 9h à 10h. Puis, le plus gros de la journée : la prépa de la quotidienne. Après le boulot commence le grand bal : les enfants à conduire à droite, à gauche pour leurs activités. Notre organisation est d’autant plus compliquée que mon conjoint travaille 3 soirs/semaine et les week-ends. »

Vous ne vous arrêtez jamais !
« Pas vraiment ! J’essaie de boucler mon travail durant la journée, mais c’est souvent peine perdue. Donc je retravaille après le repas ou dans mon lit. J’ai bien eu des périodes plus calmes dans ma vie. Mais avoir une émission quotidienne culturelle, c’est comme un rouleau compresseur. Et en même temps, ça m’amène une vraie structure de vie. »

Comment conciliez-vous votre vie de famille et votre vie professionnelle ?
« Je cherche encore et je suis preneuse de tout conseil (rires). J’ai tendance à vouloir être parfaite même si mon mari m’aide à lâcher prise… cela dit, c’est toujours en “work in progress”. Tout va bien dans ma vie et tout suit son cours, mais au moindre couac, je me retrouve submergée ! »

Avec 5 enfants à la maison, vous n’avez pas choisi la facilité…
« C’est certain, mais la moitié du temps, nous n’en avons que deux full time, les trois autres partent chez l’ex-conjointe de mon mari. Et puis, il y a des avantages : certains sont déjà grands et peuvent s’occuper des plus petits. Ça crée un petit groupe qui sait s’amuser ensemble et s’autogérer. Même si, entre nous, ça n’enlève en rien la difficulté principale : le linge (rires). »

Vous êtes mariée avec Benjamin Deceuninck depuis 6 ans, ensemble depuis 10. Il travaille comme vous à la RTBF. Est-ce un avantage ou un inconvénient ?
« Un avantage bien sûr ! On peut ne pas se croiser étant donné que nous n’avons pas les mêmes horaires et que la RTBF ne manque pas de couloirs ! Mais pour nous, le fait de pouvoir se croiser, ça nous permet d’avoir un moment à nous. Et puis on s’est créé une logistique simple, avec l’école et le travail tout proches par exemple. »

© Élodie Deceuninck

Et d’un point de vue philosophique ?
« Aussi ! On se comprend sur plein de choses vu que nous avons le même boulot. On est confrontés aux mêmes choses. Ça crée une émulation, on s’épaule et se conseille mutuellement. On doit d’ailleurs s’obliger à ne plus en parler à certains moments. »

Comment vos enfants vivent-ils votre célébrité ?
« On ne se considère pas du tout comme des célébrités. Et je crois qu’eux encore moins. Une vraie célébrité pour eux, c’est un youtubeur ou un footballeur. Présentateur télé, ils considèrent que c’est un métier normal. Surtout que nous avons beaucoup d’amis dans la profession. En revanche, je crois que Jean, notre petit de 7 ans pense, lui, qu’il est un peu célèbre depuis que je le mets dans mes Stories Instagram. Il m’a d’ailleurs demandé s’il l’était… J’ai dit “oui” pour ne pas le briser (rires). »

Quel type de maman êtes-vous ?
« Une vraie nullos ! (Rires) Mais je suis soutenue par beaucoup de mamans sur Instagram justement. Je suis une maman très aimante, mais mal organisée et très angoissée. Tout ce que j’espère, c’est de ne pas refiler ça à enfants. »

Comment avez-vous vécu le lockdown ?
« Alors, toute considération sanitaire mise à part, on a vraiment bien vécu ce moment ! On était de grands chanceux parce qu’on a pu continuer à travailler et donc avoir des contacts avec l’extérieur. Et puis, on était nombreux à la maison, on n’avait pas du tout ce sentiment d’isolement. Ça nous a recentrés. »

Et qu’en est-il de l’avenir ? Des projets en vue ?
« Au niveau professionnel, il faudrait que je ralentisse un peu pour prendre le temps d’y réfléchir. C’est important de le faire parce que le monde change. Au niveau familial, on avait un voyage aux USA, prévu avant la pandémie, gelé depuis deux ans. Sans doute que les enfants en profiteront davantage en étant plus âgés. On veut absolument passer plus de temps à sept. On voudrait aussi créer une fête de famille rien qu’à nous pour se reconnecter chaque année. Notre aînée part faire ses études, ça va bouleverser un peu le quotidien. »

© Élodie Deceuninck

Retour aux sources

La jeune femme a étudié le journalisme à Liège, mais aussi les Relations Internationales et le management. C’est pourtant à la RTBF qu’elle entame sa carrière. Télévision publique à laquelle elle est restée fidèle toutes ces années. Tous les samedis soir, la journaliste prend place en effet derrière le micro de la Trois. Elle y présente un documentaire historique avant d’animer le débat avec ses invités du jour.

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Et si vous n’étiez pas présentatrice ?

« Je crois que je me serais lancée dans un truc purement créatif. J’aurais fait quelque chose dans l’écriture. Même si j’ai déjà écrit quatre livres (sur Olivier Strelli, la RTBF et Mai 68). C’était bien, mais c’était aussi l’enfer. Ou alors je me serais tournée vers quelque chose de plus artistique. »

30.09.2021
par Bastien Craninx
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