Famille

Au chevet des familles

30.09.2021
par Bastien Craninx

Face à un drame familial, comment réagir ? Quels sont les pièges dans lesquels ne pas tomber ? Comment retrouver son équilibre ? Petit aperçu des gestes de premiers secours.

Un drame familial est malheureusement vite arrivé : perte d’emploi, divorce, décès d’un proche… et passé le choc, c’est souvent toute une famille qui doit se reconstruire. « Un événement dramatique est quelque chose auquel on ne s’attend jamais vraiment », explique Claire Thielen, directrice du Centre de Psychologie et de Mieux Être (CPME) à Braine l’Alleud. « Le drame peut être vu comme un élément perturbateur dans un équilibre existant, dans un système. » Et là où cela devient compliqué, c’est qu’on ne peut pas prévoir les réactions des membres de ce système. « On peut essayer d’être soudé et de faire corps en famille, mais il faut garder à l’esprit que chacun vit les choses à sa manière et selon son vécu », poursuit Claire Thielen.

Selon la psychologue, cela peut entraîner certaines incompréhensions au sein de ce noyau familial en pleine mutation. Dans le cas d’un décès par exemple, beaucoup estiment que le processus de deuil doit être le même chez tous les membres de la famille. Dans un autre registre, la perte d’un emploi peut parfois être vécue plus difficilement pour une personne que la perte d’un être cher. Or, il n’est pas rare que face à ces situations, certains s’isolent, ne désirent pas parler du drame ou même le rejettent. « Avant toute chose, il est primordial de faire preuve d’empathie », insiste l’experte. « Gardons à l’esprit que si la communication reste un outil indispensable, le respect du rythme de chacun doit primer. » Quoiqu’il en soit, il est important de toujours écouter et d’être présent pour chaque membre de la famille, que ce soit une présence active ou passive.

Un drame familial est quelque chose auquel on ne s’attend jamais vraiment.

— Claire Thielen, directrice du CPME, Braine l’Alleud

Pour rétablir un équilibre et jouer ce rôle de communicateur bienveillant, il va souvent être nécessaire de faire appel à une aide extérieure. « Cela va bien entendu dépendre de ce que le drame a touché chez la personne concernée : anxiété, détresse, déséquilibre dans la relation fraternelle ou parent-enfant », explique Claire Thielen. En gardant à l’esprit qu’on ne peut jamais obliger quelqu’un à suivre une thérapie. « Ce n’est possible que dans des cas extrêmes : si la personne risque de porter atteinte à sa vie ou à celle d’autrui. »

Actuellement, cette aide extérieure via un psychologue est généralement prise en charge par la mutuelle. « Il faut tout de même débourser 11 euros par personne pour chaque séance (8 maximum) », explique Lola Galer, du Service Etudes & Actions Politiques de la Ligue des familles. « Or un drame ne touche pas seulement une personne et il s’étend parfois sur la durée. Vous imaginez donc les sommes qui peuvent être déboursées par un seul ménage ! » En cela, il serait plus qu’intéressant de revoir le système de remboursement actuel.

Article précédent
Article suivant