Energie

Relocalisons la transformation des matériaux stratégiques

02.09.2021
par Fokus Online

Si je vous disais que relocaliser la transformation des matériaux stratégiques était une formidable opportunité de développer notre économie circulaire, une formidable opportunité pour l’économie belge ? 

Notre société dispose aujourd’hui de tous les ingrédients (compétences, finances, déchets-ressources) pour réussir une transition circulaire vertueuse, en y ajoutant un atout : la pensée systémique. C’est le véritable ADN de l’économie circulaire pour relocaliser les chaînes de valeurs, créer des alliances intersectorielles, et réutiliser les matériaux à l’échelle la plus locale et la moins émissive. En cela, la transition circulaire est une réelle opportunité pour augmenter la performance et la résilience des entreprises. 

Cela d’autant plus que les ruptures (médicaments, masques, semi-conducteurs, etc.) deviennent légion. Plusieurs secteurs, dont la construction, subissent une flambée du prix des matériaux (+128 % pour le bois, +191 % pour les panneaux OSB, +70 % pour les panneaux isolants, etc.). Avec une telle croissance, les prix de revient des matériaux neufs dépasseront le coût de réutilisation et de recyclage des déchets-ressources disponibles dans nos mines urbaines. Ces secteurs connaîtront des points de « basculement circulaire ».

Face aux enjeux de résilience climatique, la rénovation énergétique est un vecteur d’une croissance durable. Le nombre abyssal de bâtiments à rénover, la disponibilité des matériaux réutilisables issus de bâtiments déconstruits quotidiennement et des déchets-ressources issus d’autres secteurs tels que le textile (fibres de jeans) sont autant d’éléments qui peuvent contribuer à accélérer la transition. La reconversion et la formation des nouveaux métiers dédiés à la réutilisation de ces ressources sont une autre opportunité pour créer des emplois qualifiés et infra-qualifiés avec un faible risque de délocalisation, en raison de l’ampleur et de la durée de ce défi.

La reconversion et la formation des nouveaux métiers dédiés à la réutilisation de ces ressources sont une autre opportunité pour créer des emplois avec un faible risque de délocalisation.

— Emmanuel Mossay Expert en économie circulaire, EcoRes

Il y a plusieurs décennies, l’Occident décidait d’exporter ses processus de production pour réduire ses coûts, et délocaliser ses pollutions. Celles-ci nous reviennent sous d’autres formes, notamment en événements climatiques extrêmes et en flux migratoires directement liés. Dans une économie globalisée, tout est forcément interrelié.

La dynamique peut s’inverser. Durant la COP 26 et à l’Organisation Mondiale du Commerce, l’UE devrait négocier un rehaussement des normes environnementales et sociales, équivalentes aux modes de vie garantissant les droits et libertés dont nous profitons en Europe. Une nouvelle équation à écrire, pour plus d’équilibre social et environnemental. 

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