Energie

Produire de l’électricité verte par tous les moyens

02.09.2021
par Fokus Online

Si l’avenir de la transition énergétique passe en grande partie par l’électricité, il ne faut cependant pas oublier deux choses. D’abord, la production de cette énergie doit être « verte ». Ensuite, des panneaux photovoltaïques posés sur le toit de la maison d’habitation ne suffiront pas. Mais des solutions complémentaires voient le jour.

La transition énergétique louperait fondamentalement sa cible si l’électricité que l’on venait à utiliser était produite par… de l’énergie fossile. « Ce serait fondamentalement stupide, en effet », réagit Gaëtan Sonck, Administrateur de la société du même nom, spécialisée, dans les solutions énergétiques globales. « Pour que cette transition énergétique soit cohérente en termes d’impact environnemental et attractive financièrement, il est essentiel de traiter la question de la production de l’électricité qui sera nécessaire à ces pompes à chaleurs et véhicules électriques. On passerait totalement à côté du but recherché si cette électricité devait être produite à partir de pétrole ou autres carburants à forte émission de CO2. Il faut donc s’orienter vers le photovoltaïque. »

Par ailleurs, cette production photovoltaïque devra tenir compte de besoins énergétiques conséquents. Notre expert reprend, et met des chiffres sur cette fameuse transition, à l’échelle familiale : « De base, la quantité d’énergie se mesure en kWh, donc en kilowattheure. Comme son nom l’indique, 1 kWh, c’est la quantité d’énergie qu’on a dépensée (ou stockée) avec une puissance de 1 kW, et qu’on a laissée travailler pendant une heure. Pour faire simple, on peut retenir qu’il faut 3 kWh d’électricité à une pompe à chaleur pour produire la chaleur qui serait créée en brûlant un litre de mazout dans une chaudière. Et il faut également 3 kWh d’électricité à une voiture électrique pour remplacer un litre de diesel dans une voiture classique. »

Il faut innover en développant un concept de toiture photovoltaïque étanche associée à des petits bâtiments en bois, comme des “car-port”, “pool house”, abris de jardin, abris à animaux et autres…

Pour donner une image simple, mais parlante et fiable, prenons donc le cas d’une famille moyenne, qui consommerait : 5 000 kWh/an d’électricité (à raison de 100 € par mois) pour ses besoins classiques, 2 000 litres par an de mazout pour se chauffer. Elle disposerait aussi de deux voitures, qui roulent chacune 20 000 km par an, avec une consommation de 6 litres aux 100 kilomètres, soit 1 200 litres par voiture et par an. Et si cette même famille fait la transition vers les énergies renouvelables, et s’équipe d’une pompe à chaleur et d’une voiture électrique. Le besoin en électricité devient le suivant : 5 000 kWh/an d’électricité pour les besoins classiques. Mais aussi 6 000 kWh par an d’électricité pour la pompe à chaleur, en remplacement des 2 000 litres de mazout de chauffage annuels. Et 3 600 kWh par an d’électricité pour la voiture électrique, en remplacement des 1 200 litres par an de diesel, l’autre voiture reste actuellement au diesel. Donc : « Le besoin en électricité de cette famille avoisinera les 15 000 kWh par an. Cette augmentation du besoin en électricité est énorme. Elle doit être accompagnée d’une augmentation significative de la production d’électricité verte, et autant que possible d’un étalement de la production d’électricité verte tout au long de la journée et de l’année. »

Bref, il va falloir produire « bien », mais aussi « plus ». « Au niveau des particuliers et des entreprises, c’est la production d’électricité photovoltaïque qui est de loin la plus accessible et la plus simple à mettre en œuvre. Comme la pose des panneaux sur les toits n’est pas toujours possible ou pas toujours suffisante, il faut innover en développant, par exemple, un concept de toiture photovoltaïque étanche associée à des petits bâtiments en bois, que nous produisons en Belgique. Il est ainsi possible de décliner ce concept en “car-port”, “pool house”, abris de jardin, abris à animaux et autres… Le concept permet d’intégrer facilement les bornes de recharges des véhicules électriques via le même branchement que celui des panneaux photovoltaïques. D’autre part, il représente une solution plus économique que la construction d’un bâtiment équipé de sa toiture, par-dessus laquelle on vient replacer une installation photovoltaïque. Enfin, esthétiquement, on arrive à quelque chose de beaucoup plus léger et épuré qu’une installation photovoltaïque en surimposition. » L’électricité étant le vecteur le plus polyvalent en matière d’énergie verte, toutes les solutions sont donc bonnes à prendre et à assembler. Et celle-ci ne fait pas exception à la règle.

 

 

 

Gaetan Sonck
Administrateur

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