Energie

L’entreprise plus verte au quotidien !

Aujourd’hui plus que jamais, toute entreprise doit penser à son futur, et ce d’une manière plus écologique qu’auparavant. Prise de conscience, réflexion sur les priorités et anticipation des nouveaux challenges, il est temps d’agir !

Charlotte Van De Water
Expert Energy for Buildings, Agoria

Quelles sont les priorités actuelles des entreprises concernant les investissements durables et écoresponsables ?

« Le 1er défi est de réduire les émissions de nos propres opérations. Mais les objectifs climatiques ont également un impact majeur sur le développement du marché de la construction. Les gouvernements investiront plusieurs milliards dans les années à venir pour réduire les émissions des bâtiments. Par exemple, des millions d’investissements sont prévus dans le logement social, les bâtiments publics et les logements privés dans le cadre du Plan Relance. Les gouvernements imposent également des règles qui découragent ou interdisent l’utilisation des produits nocifs pour le climat. Un aperçu du cadre politique peut donc être une aide importante lors du choix des bons investissements en R&D. »

Y a-t-il une prise de conscience des entreprises ? 

« Plusieurs entreprises développent déjà les solutions nécessaires. L’analyse d’un cadre politique pour y adapter les innovations est une nouveauté pour un certain nombre d’entreprises. Grâce à une telle analyse, une entreprise obtient un aperçu de l’endroit où se trouve le plus grand potentiel de marché. En fournissant un aperçu des dernières innovations, le secteur peut également aider de manière proactive le gouvernement à façonner ses mesures de la meilleure façon possible. Cela crée des défis, mais en même temps, de plus en plus d’entreprises voient les opportunités. Il y a peu de secteurs pour lesquels on sait déjà qu’il y aura plus qu’assez de travail dans les trente prochaines années. »

Pour demain, que faut-il anticiper ?

« Actuellement, environ 3 % des bâtiments en Belgique répondent à la norme climatiquement neutre, ce qui signifie que la majorité de près de 5 millions de bâtiments doit encore être mise au bon niveau. Cela nécessite un triplement du nombre actuel de projets de rénovation. La mise à l’échelle nécessaire garantira que nous nous heurterons aux limites du système actuel. Il faut donc d’ores et déjà envisager des alternatives afin de pouvoir façonner l’augmentation de la capacité nécessaire. Par exemple, en étudiant si des rénovations collectives au niveau d’un quartier sont une option ou en étant capable de rendre un bâtiment climatiquement neutre en utilisant des énergies renouvelables. »

Tanja Barella
directrice, BELFA

Quelles sont les priorités actuelles des entreprises concernant les investissements durables et écoresponsables ?

« Les entreprises ne peuvent plus éviter le Green Deal et les objectifs de développement durable (ODD). Les ODD évoluent de plus en plus selon moi vers la notion d’ESG. Environmental, Social et Governance sont les trois éléments essentiels de la mesure de durabilité. Il faut être attentif à chacun des trois P : People, Planet et Profit. D’autant que le bien-être et la santé des travailleurs ont encore gagné en importance du fait de la crise Corona. Les entreprises peuvent vraiment faire la différence. À l’avenir, la mobilité durable retiendra, elle aussi, de plus en plus l’attention. Comment nous rendre au travail de manière durable ? Comment verdir le parc automobile ? Etc. »

Y a-t-il une prise de conscience des entreprises ?

« La durabilité fait la Une tous les jours. Les entreprises en sont de plus en plus conscientes. Ce n’est plus quelque chose qui se passe loin de chez nous. Le Corona a encore accéléré les choses. Je pense à l’utilisation croissante des produits bio dans le nettoyage, au choix conscient de produits locaux dans le catering, aux optimisations énergétiques, à la construction circulaire, entre autres. Lors de transformations, on réfléchit bien au choix entre une nouvelle construction ou une rénovation. Quel est le meilleur choix dans une perspective d’avenir ? Les entreprises restent les plus grandes consommatrices d’énergie. Il est grand temps que cela change et on s’en rend bien compte. »

Pour demain, que faut-il anticiper ?

« Les services de support comme la gestion facilitaire sont le lieu par excellence où l’on peut travailler sur une réduction de l’empreinte écologique, la circularité et l’entreprise socialement responsable. Et plus encore ces dernières années : de plus en plus de données sont disponibles, mais que faisons-nous de toutes ces données ? Comment les exploiter intelligemment dans le but d’anticiper le gaspillage ? L’éclairage par exemple est très énergivore. Si les systèmes sont télécommandés sur la base de données intelligentes, cela représente une énorme différence. La technologie et les données sont disponibles, la priorité consiste désormais à les utiliser efficacement et de façon plus systématique. »

Hervé-Jacques Poskin
directeur, Cluster Eco Construction

Quelles sont les priorités actuelles des entreprises concernant les investissements durables et écoresponsables ?

« En termes de bâtiment, l’idée est de ne pas consommer : la meilleure énergie, c’est celle qu’on ne consomme pas. La toute première chose sur laquelle il faut veiller, c’est l’enveloppe du bâtiment. Il faut surtout s’intéresser aux charges non compressives (le chauffage et surchauffage). La vision qui veut qu’on chauffe l’intérieur en ayant des bâtiments de mauvaise qualité doit être une vision à court terme. Il faut absolument utiliser des matériaux performants, des matériaux biosourcés ou géosourcés plus respectueux de l’environnement et de la santé des personnes. D’ailleurs, la crise actuelle a démontré que les gens se tournaient vers ce type de valeurs sûres qui renforcent l’habitat. »

Y a-t-il une prise de conscience des entreprises ?

« Il y a moins de 10 ans, nous comptions seulement 80 entreprises au sein du Cluster Eco Construction. Maintenant, on est à 260. L’évolution a été énorme, tant au niveau de la quantité que de la grandeur des entreprises. Certaines entreprises familiales de l’époque sont aujourd’hui devenues des géants du secteur. Malheureusement, ce n’est pas général. Il y a encore un phénomène de greenwashing. De même, avant de parler d’économies circulaires, la première chose qu’il faudrait faire serait de disposer de matériaux biosourcés ou géosourcés. La réutilisation de matériaux pétrosourcés est très énergivore. La sensibilisation et la promotion ne sont pas encore suffisantes non plus. Les clichés ont la dent dure. »

Pour demain, que faut-il anticiper ?

« Tout ce qui concerne la santé des personnes au sein du bâtiment. De plus en plus de bâtiments sont confinés. Un bâtiment, ça vit, ça respire et il faut en tenir compte. Il faut absolument s’affranchir des idées du passé et rendre les idées du futur opérantes. Malheureusement, trop souvent face aux défis, on revient toujours aux mêmes solutions. Or si l’on prend la crise du Covid, si nous l’avons résolue, c’est parce qu’on a mis toute l’Europe à l’arrêt. Nous avons arrêté une économie pour vaincre une épidémie. C’est historique. Au niveau de l’environnement, on n’a pas encore eu ce déclic. Il faut oser changer le paradigme, pousser à la résilience et à une meilleure santé à l’intérieur de l’habitat. »

02.09.2021
par Fokus Online

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