Energie

La RSE : obligation de saisir de nouvelles opportunités

02.09.2021
par Bastien Craninx

La RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) fait couler beaucoup d’encre. Et pour cause, de nombreux rapports environnementaux et sociaux pointent le rôle joué par les entreprises dans les conditions humaines et climatiques extrêmes que nous connaissons actuellement. Une évolution est nécessaire. Mais cette évolution peut et doit d’ailleurs être vue comme autant d’opportunités de business réelles.

Des relations commerciales renforcées.

Selon le Reputation Institute, la RSE représenterait pas moins de 40 % de l’image et de la représentation de l’entreprise (étude réalisée en 2016). Autant dire que la stratégie RSE et son application sont donc devenues un parfait moyen de communication pour valoriser son entreprise auprès de ses clients, mais également auprès de ses partenaires commerciaux. Rappelons que même au niveau financier aujourd’hui, une grande majorité des banques prennent en compte la durabilité comme facteur de risque. A contrario, bien s’entourer de partenaires commerciaux qui respectent également les principes RSE est impératif. Dans des secteurs commerciaux où l’habit fait souvent le moine, une crise de réputation peut rapidement se transmettre d’un partenaire à un autre. En France, 80 % des décideurs commerciaux et près de 70 % des responsables marketing mettraient ainsi fin à une relation avec un fournisseur si celui-ci ne traite pas un sujet de communication à enjeux élevés (écarts de revenu et de salaire, sécurité des données, harcèlement sexuel, discrimination, marché du travail). 49 % des décideurs mettraient également fin à une relation commerciale avec une organisation qui ne réagit pas dans les 2-3 jours à un événement de communication critique. En sachant qu’aujourd’hui tout se sait rapidement sur la toile et les réseaux sociaux, mieux vaut intégrer rapidement les principes RSE.

Une fidélisation de la clientèle.

La mise en place des mesures RSE au sein des entreprises, PME ou plus grandes structures, ne peut avoir que des avantages face à leurs clients. Et pour cause, les clients intègrent de plus en plus de critères d’évaluations environnementaux et sociaux. Pour preuve, pas moins de 70 % des cyberacheteurs préfèrent consommer sur des sites mettant en avant une démarche écoresponsable selon une étude dédiée à l’innovation dans le e-commerce (FEVAD & KPMG, 2021). Cette étude révèle également certaines pratiques appréciées par les consommateurs : regrouper les commandes afin de limiter les livraisons (pour 71 % d’entre eux), privilégier l’achat auprès de sites français (68 %), favoriser la livraison en point relais (66 %), ou envisager l’achat de produits issus de l’économie circulaire (51 %). De nouvelles pratiques d’achat sont nées avec, en point de mire, les informations sur la provenance de fabrication et les performances environnementales. Les clients veulent aujourd’hui acheter responsable, d’où, notamment, la possibilité de dégager de nouvelles offres ou de nouveaux business (déchets, rebuts et économie circulaire). Les médias ne sont d’ailleurs pas en reste, eux qui ont développé une série de palmarès et de récompenses pour les entreprises qui se calquent le plus sur le respect de la RSE. Qu’on se le dise, le respect de la RSE assure une protection maximale en termes d’image face à ses clients et stimule leur fidélité.

Une productivité et une efficacité renouvelées.

Le croyez-vous ? Une politique de RSE bien appliquée en entreprise permet d’attirer de nouveaux talents. Les nouvelles générations de travailleurs cherchent souvent à donner du sens à leur métier et la responsabilité sociale est autant prise au sérieux que l’évolution professionnelle, la rémunération ou les programmes de formation. En témoigne l’attrait toujours aussi important des jeunes diplômés pour les ONG. En 2018, le CSR Monitor a d’ailleurs réalisé une étude sur la vision et l’approche en matière de développement durable. Cette dernière, réalisée auprès de 640 entreprises belges, a démontré que 62 % des personnes interrogées estimaient que le développement durable permettait d’attirer de nouveaux talents et que 70 % le considéraient également comme source de motivation pour les collaborateurs. Ces derniers gagnent en effet en productivité grâce à cette motivation et en fierté d’appartenance à l’entreprise pour laquelle ils travaillent. En France, par exemple, « 68 % des salariés se voient toujours travailler dans leur entreprise dans 3 ans, chiffre qui monte à 79 % dans les entreprises qui possèdent une fonction ou un service RSE » (selon le Baromètre 2020 de la perception de la RSE du Medef). De même, « 83 % des salariés indiquent “avoir plaisir à travailler” dans leur entreprise lorsque celle-ci est dotée d’une fonction ou d’un service RSE, contre seulement 64 % dans les entreprises qui n’en sont pas dotées ». Qui doute encore de l’impact de la RSE sur les travailleurs !?

Mais attention au greenwashing !

Une ombre plane sur les entreprises qui ne joueraient pas cartes sur table ou qui chercheraient à tromper le grand public : le greenwashing ! Le greenwashing se définit comme une communication trompeuse de la part d’entreprises qui essaient de camoufler leurs effets néfastes sur la nature et l’environnement. Si certaines entreprises agissent sciemment de la sorte et jouent sur la crédulité de leurs clients, d’autres se rendent parfois coupables de greenwashing par ignorance. La vigilance est donc de mise ! D’autant que le cadre législatif sanctionnant ce genre de pratique en Europe et en Belgique est en pleine mutation. Ainsi, Eva De Bleeker (Open Vld), secrétaire d’État à la protection des consommateurs, envisage la possibilité d’infliger des amendes s’élevant jusqu’à 200 000 euros. Si une allégation environnementale est reconnue comme fausse, trompeuse ou non vérifiable, cette dernière s’inscrit dans le cadre des pratiques commerciales déloyales et pourra être sanctionnée. Pour aider les entreprises à y voir plus clair, la secrétaire d’État assure qu’un guide pratique est sur le point d’être publié. Il comporterait certaines pistes pour bien faire les choses et communiquer plus justement. D’un autre côté, les consommateurs sont également invités à signaler les publicités douteuses via le point de contact du SPF Économie. Autant dire qu’il est plus que préférable de s’informer sur la RSE et de jouer franc jeu dès le départ.  

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