Energie

Il n’y a pas que l’électrique dans la mobilité durable !

02.09.2021
par Fokus Online

Une des pistes d’avenir pour une mobilité plus verte passe par l’électrique, c’est indéniable. Mais cette solution ne doit pas nous faire oublier qu’il existe aussi d’autres options. Dont celle du « CNG » ou « Gaz Naturel Comprimé ». Bref, rouler au gaz n’a plus rien d’une usine… à gaz !

Le « plan air climat énergie » adopté par le Gouvernement wallon est pour le moins ambitieux dans ses objectifs. Puisqu’à l’horizon 2030, il se donne pour mission que 25 % des véhicules utilitaires, c’est-à-dire un camion sur quatre empruntant les routes wallonnes, soient alimentés au CNG. « Face à ces objectifs, il était urgent d’agir ! » explique Olivier Bontems, Directeur des Énergies et des Projets Spéciaux chez Ideta, l’Agence de Développement Territorial pour la Wallonie Picarde. « Le CNG représente aujourd’hui une alternative très intéressante pour les entreprises qui souhaitent décarboner progressivement l’impact de leur mobilité régionale, surtout pour les véhicules d’une masse supérieure à 3,5 tonnes. Encore faut-il bien entendu que les stations soient prévues pour ravitailler ce type de véhicules pour des livraisons de 200 kilos par plein. En partenariat avec ENORA, nous avons ainsi pu déployer sur Leuze-Europe et Péruwelz des stations dites “NGV2”, qui permettent un remplissage des véhicules à une vitesse de 30 kilos/minute, tout à fait adaptée au charroi lourd. Cela représente une vitesse de remplissage quatre fois supérieure à ce que l’on peut avoir dans une station “retail” classique. » 

Par contre, attention à ne pas confondre CNG et LPG ! Le second, aussi appelé « Liquid petroleum Gas », issu du raffinage du pétrole, est un mélange de propane et de butane compressé entre 5 à 7 bars. Le CNG, lui, est identique au gaz naturel que nous utilisons, par exemple, pour nous chauffer. Essentiellement constitué de méthane, il peut parfois provenir de la biométhanisation des déchets, et prend alors le nom de « bioCNG ». Dernier détail, le CNG est un gaz plus léger que l’air. Les véhicules qui utilisent ce carburant ne sont donc pas soumis à l’interdiction d’accès dans les parkings souterrains qui frappe les véhicules au LPG.

Le CNG représente aujourd’hui une alternative très intéressante pour les entreprises qui souhaitent décarboner progressivement l’impact de leur mobilité régionale.

Carburant plus économique et plus respectueux de l’environnement, le CNG est donc une véritable solution alternative pour les transports de marchandises régionaux et nationaux, mais aussi bien sûr pour les véhicules particuliers. « Le CNG est en effet un carburant plus propre, avec jusqu’à 15 % de CO2 en moins et une réduction significative des émissions de particules fines (77 %) et d’oxyde d’azote (90 %). »

Et puis, un argument économique non négligeable pointe également le bout de son nez. Olivier Bontems poursuit : « Le prix du CNG au kilomètre peut se révéler jusqu’à deux fois moins élevé que celui d’un moteur diesel ou à essence. Grâce à une technologie éprouvée et simple ne nécessitant pas de filtre à particules onéreux ni l’ajout d’Ad-Blue, le véhicule au CNG coûte moins cher à l’usage. »

Pour passer au gaz, deux solutions. Modifier des camions existants et roulant au diesel pour rendre leur réservoir compatible avec un approvisionnement gazier. « Mais surtout », précise Olivier Bontems, « penser à acquérir des camions ou des véhicules qui roulent au gaz naturel lors d’un renouvellement de flotte. Car mettre à niveau d’anciens camions a un coût. À la fois pour les adapter, mais aussi parce qu’ils sont, par définition, déjà âgés et rouleront moins longtemps que des neufs. » 

Et le secteur du transport semble se laisser de plus en plus tenter. Notre interlocuteur en témoigne : « Le milieu est prêt à agir aujourd’hui, et nous le vérifions chaque jour un peu plus. Le partenariat que nous avons avec les Transports Fockedey à Leuze est à cet égard exemplaire. Et si on veut prendre rapidement une initiative rendant le transport plus vert, le CNG est la seule option qui le permet aujourd’hui. Certes, il réduit les rejets et ne les élimine pas totalement. Dès lors, on pourrait aussi attendre passivement une solution-miracle dont on ne sait même pas si elle existera un jour, ce qui équivaudrait surtout à reporter le problème. » Or, s’il n’est pas trop tard pour agir, il est plus que grand temps ! Et le gaz, au même titre que l’électricité, fera partie de la solution pour évoluer vers des transports plus verts.

 

Olivier Bontems
Directeur des Énergies et des Projets Spéciaux

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