Energie

De quartiers durables et respectueux à une ville intelligente et moderne

02.09.2021
par Fokus Online

L’intérêt porté à son propre quartier n’a jamais été aussi pertinent qu’aujourd’hui. Le coronavirus nous a fait prendre conscience que nous avons plus que jamais besoin d’un ancrage local dans un monde individualisé à l’extrême. Et la technologie pourrait bien avoir un rôle important en la matière.

Mieux vaut un voisin proche qu’un frère éloigné, dit le proverbe. Pourtant, il est fréquent de ne pas vraiment connaître son voisin, surtout en ville. Et les administrations locales, dans cette continuité, peinent toujours plus à entrer en contact avec leurs administrés. 

C’est en grande partie la conséquence des développements technologiques en général, des réseaux sociaux en tête, qui synchronisent toujours mieux les sphères de vie personnelles et les préférences individuelles. Les gens vivent de plus en plus dans des chambres d’écho se limitant à leurs propres amis, centres d’intérêt et philosophie. Un repli qui menace le sentiment d’appartenance à son propre quartier. 

Ce même virage technologique a simultanément engendré un contre-mouvement de plus en plus marqué. Comme Hoplr, par exemple. Cette start-up tech flamande offre la possibilité de tisser un réseau social de quartier à des administrations locales ou partenaires sans vocation commerciale comme des CPAS. « Commencée en 2014, notre histoire découle de la quête idéaliste de renforcer la connexion avec le voisinage », explique le fondateur Jennick Scheerlinck.  

Cette plateforme vous permet entre autres de vous renseigner au sujet de travaux routiers ou de projets participatifs locaux. Vous pouvez tout autant y chercher une foreuse à emprunter qu’y trouver de l’aide. Les voisins disposent ainsi d’un outil de qualité pour renforcer la cohésion sociale. « Dans une social smart city, la technologie est au service des habitants et non l’inverse. Ce n’est qu’alors que les données deviennent vraiment intéressantes », précise M. Scheerlinck. 

Contrairement à d’autres réseaux sociaux comme Facebook, par exemple, chaque communauté sur Hoplr peut gérer et modérer elle-même sa messagerie. Autrement dit, chaque message négatif incitant au racisme ou à la haine peut tout simplement être filtré, essentiel pour une cohésion sociale saine. Selon Jennick Scheerlinck, la petite taille de chaque communauté limite de toute façon la négativité. « Il est important d’être positif d’entrée de jeu. Une plateforme comme la nôtre rapproche des gens qui n’ont rien d’autre en commun que leur lieu de résidence. Ce qui est justement propice à de belles et nouvelles opportunités. »

Dans une social smart city, la technologie est au service des habitants et non l’inverse. Ce n’est qu’alors que les données deviennent vraiment intéressantes.

M. Scheerlinck explique qu’une plateforme de quartier trouve avant tout son utilité dans les grandes villes. « Une certaine cohésion sociale règne dans les régions rurales, donc une plateforme de quartier y permet surtout de s’exprimer. Dans les villes, où cohabitent en grand nombre nouveaux résidents et personnes aux profils très différents, nous constatons que le réseautage de voisinage est avant tout un instrument très fonctionnel. » Pour les administrations publiques, il fonctionne plutôt comme un outil de médiation. « Il tisse un lien supplémentaire entre les gens et l’administration, leur permettant de bâtir la confiance dans les deux sens. Les réseaux ne sont pas des instruments hiérarchisés, qui renforceraient l’image de Big Brother de la ville. »

En fait, cette tendance mène plutôt la ville ou la commune à perdre en partie le contrôle. Ce qui n’est pas du goût des décideurs politiques. C’est aussi pour convaincre ces sceptiques qu’il est très important de mettre en œuvre une gestion communautaire constructive et positive. Concernant la vie privée, la plateforme est totalement conforme à la législation RGPD et collabore en outre avec des hackers éthiques afin d’améliorer en permanence la sécurité du réseau.  

Ces efforts portent clairement leurs fruits. Les administrations locales de Malines, Olen, Ranst, Saint-Nicolas et Bornem ont été les premières à emboîter le pas en 2017. L’initiative s’est répandue comme une traînée de poudre, grâce également au soutien des fonds d’investissement externes de Belfius, Matexi et Carevolution. Le bateau a eu le vent en poupe pendant la crise du corona et a gagné trois prix internationaux. Jennick Scheerlinck : « La pertinence d’une telle plateforme n’a jamais été aussi manifeste que pendant les confinements. Les gens ne pouvant se rencontrer physiquement, ils ont fait appel au numérique pour s’organiser. » 

Autrement dit, une bonne cohésion sociale ne se limite pas au coin de la rue : elle étend tout simplement ses ramifications en ligne. Une connexion véritable et sûre avec son quartier est devenue un aspect très important du paysage urbain moderne. 

 

Jennick Scheerlinck
Fondateur

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