networking féminin
Diversité

Le networking féminin ou la solidarité entrepreneuriale

13.04.2024
par Valerie Nouille

Le choix est large pour qui souhaite développer son réseau en Belgique. Les clubs de networking ne manquent pas mais ils ne s’adressent pas tous aux mêmes profils : de l’entrepreneur débutant au plus confirmé, en fonction du secteur d’activité ou de la région, mais aussi en fonction du genre, avec les cercles exclusivement féminins.

Mieux entreprendre, avec douceur et bienveillance

C’est le cas du réseau ‘Hors Norme’, fondé par Clémence Braun en 2020, destiné aux femmes qui ont déjà lancé leur projet. « Je voulais créer un réseau accessible mais relax, où chacune vient comme elle veut, sans prétention », nous explique-t-elle. Un concept réaffirmé sur son site : « Hors Norme n’est pas un château cossu avec des hommes en cravate. »

Les femmes viennent chercher autre chose dans un réseau féminin, une dynamique différente, plus détendue. « C’est comme si la pression sociale propre à la découverte de l’inconnu n’avait pas été invitée », analyse Samantha Lirzmann, une Sales Coach qui a su tirer parti des opportunités du networking féminin. Elle poursuit : « Se faire une place dans mon métier n’est pas chose aisée. On associe souvent la vente à un monde de requins et on a plutôt tendance à attendre un homme dans mon rôle. Mais l’accueil réservé à mon activité dans les réseaux féminins m’a donné davantage confiance dans l’orientation que j’ai choisie. La vente éthique – que je prône – est une méthode dans laquelle se retrouvaient les femmes que j’ai pu rencontrer. J’ai été portée par de nombreux engagements bienveillants. »

L’existence des réseaux féminins trouve aussi une autre raison d’être, dans une société où les femmes doivent encore souvent batailler pour se faire une place. Un constat partagé par la fondatrice de ‘Hors Norme’ : « J’entends souvent que cet entre-soi féminin est propice à une plus grande liberté d’expression, que des femmes n’auraient pas osé poser certaines questions dans un environnement masculin. Le jour où on ne me dira plus ça, ‘Hors Norme’ pourra devenir mixte. Mais en l’état actuel des choses, les femmes ont encore cruellement besoin de se retrouver entre elles. »

Différents mais pas divergents

Pour autant, le networking féminin ne rime pas avec autarcie. Les cercles de networking mixtes et féminins ne sont pas mutuellement exclusifs. Bien au contraire, leur collaboration offre une approche holistique du réseautage, qui tient compte des besoins spécifiques des femmes entrepreneures, en favorisant une meilleure parité dans le monde des affaires. Certains d’entre eux organisent d’ailleurs également des évènements mixtes, comme le ‘Réseau Diane’, le cercle d’affaires féminin lancé par l’UCM voici 15 ans. « Je ne veux pas parler de networking inclusif, car je suis convaincue qu’on a besoin de réseaux mixtes et de réseaux féminins. J’invite d’ailleurs toujours les femmes de ‘Hors Norme’ à intégrer un réseau plus classique. On est dans la complémentarité, pas dans le combat. », ajoute Clémence Braun.

Pour Samantha Lirzmann aussi, cette mixité est indispensable : « J’encourage toutes les femmes à participer aux réseaux plus conventionnels, auxquels la touche féminine fait souvent défaut. Pour avoir pris part à des événements majoritairement masculins, les hommes déplorent d’ailleurs souvent le manque de gent féminine. »

Les femmes ont encore cruellement besoin de se retrouver entre elles.

- Clémence Braun, Fondatrice de Hors Norme

Des tremplins pour aider les femmes à se lancer 

Pour aider les femmes entrepreneures, les initiatives ne manquent pas. On pense notamment aux espaces de coworking ou aux programmes d’accompagnement sur des sujets spécifiques. Il existe aussi des plateformes collaboratives, comme ‘Women in Business’ lancé par Hub.Brussels, qui rassemble un écosystème de 45 acteurs soutenant celles qui aspirent à se lancer dans cette aventure entrepreneuriale. Parmi ces acteurs justement, Hors Norme qui vient de gagner un subside via la ‘Women in Business’. « En partenariat avec le ‘Réseau Entreprendre’, nous pourrons mettre en place l’année prochaine le programme ‘Selfmade’ pour donner encore plus d’autonomie et d’ambition aux femmes », explique Clémence Braun. Son objectif ? Accompagner des entrepreneuses chevronnées et débutantes à travers des coachings individualisés et des workshops pour mener leur projet à bien.

« Il y a beaucoup de talents mais aussi de doutes chez les entrepreneuses, parfois le syndrome de l’imposteur et des croyances limitantes qui les freinent. Dans cette configuration, la solidarité féminine et la volonté d’entraide du networking féminin et de toutes les initiatives qui en émanent sont un formidable levier. Sans compter les rencontres et de belles amitiés. », conclut Samantha Lirzmann.

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