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Maison

Chez soi dans la nature

21.06.2021
par Angelika Zapszalka

Nul besoin de s’envoler à l’autre bout du monde pour se reconnecter à la nature. Il suffit parfois de lâcher prise sur une parcelle du jardin pour constater que la vie sauvage n’est jamais bien loin.

Philosophie du jardin naturel

Et si, au lieu de tout contrôler, nous nous laissions surprendre parce que la nature est capable de nous offrir ? C’est la philosophie du jardin naturel (appelé aussi jardin sauvage), un espace de tous les possibles, favorable à la biodiversité. « Où que l’on soit, tout ce qui est vivant a son rôle », soutient Muriel Emsens. Elle est co-créatrice de l’ASBL Terre et Conscience et formatrice au potager naturel. « Les mauvaises herbes n’existent pas. Qu’il s’agisse de protéger le sol de trop de sécheresse ou de trop d’humidité, toutes les plantes ont une fonction. »

Pour apprécier la valeur des plantes, l’essentiel est d’apprendre à les connaître. « Le pissenlit, par exemple. Les gens s’acharnent à l’arracher sauvagement alors que le nectar de sa fleur est apprécié de la majorité des insectes pollinisateurs. Et que ses feuilles, lorsqu’elles sont toutes jeunes, permettent d’agrémenter des salades. Elles sont très bonnes pour la santé. Au printemps, le foie en a besoin. » Ou bien l’ortie, une plante bio-indicatrice qui révèle un excès de matières organiques. Ou une pollution des sols par les oxydes ferriques. « L’ortie est très riche pour les sols et sert de nourriture aux chenilles, papillons en devenir, futurs butineurs et pollinisateurs. On peut en faire des soupes et tisanes délicieuses. Il faut juste savoir l’approcher avec délicatesse et prudence. »

Les mauvaises herbes n’existent pas.

— Muriel Emsens

Délimiter une zone peu utilisée

Si le jardin naturel fait la part belle à la flore indigène et, par-là, attire la faune locale, il ne représente pas pour autant un espace complètement abandonné à la nature. « On peut délimiter une zone peu utilisée dans son jardin où on laisse la spontanéité végétale s’exprimer », explique Charlotte Simon. Elle est Assistante de projet « Réseau Nature Bruxelles » chez Natagora. « Les plantes indigènes sont intéressantes pour la biodiversité car elles sont adaptées à la faune environnante. Elles évoluent ensemble. »

Un coup de pouce du jardinier n’est d’ailleurs jamais malvenu. « On peut planter diverses espèces de fleurs ou d’arbustes, de préférences locales et mellifères, qui attireront insectes et animaux. Ou des haies, véritables refuges et garde-manger pour de nombreux oiseaux. » Sans oublier de disposer des petits tas de bois ou de pierres sur son terrain qui, comme les hautes herbes non tondues, serviront d’abris et de cachettes pour les insectes, hérissons et autres petits animaux utiles au jardin.

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