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Lifestyle

La pleine conscience au quotidien

14.11.2023
par Célia Berlemont

Avec une vie à 100 à l’heure, des activités à la pelle et un boulot qui vous tient bien occupée, apprendre à ralentir et à apprécier le moment présent n’est pas un exercice des plus aisés. L’idée de lever le pied quelques secondes pourrait même sembler contreproductive, et pourtant, rien n’est moins vrai. On vous explique.

Loin de se limiter aux aventures de Tom Sawyer, le célèbre écrivain américain Mark Twain avait aussi tout d’un expert en herbe en matière de pleine conscience. Et pour cause, avec sa fameuse phrase « J’ai eu beaucoup de problèmes dans ma vie dont la plupart ne sont jamais arrivés », il a tapé dans le mille. Au quotidien, nous composons avec une série d’événements qui apportent leur lot de joies, de surprises, d’inquiétudes, ou de frayeurs. De par la nature de ce monde turbulent, il n’est pas rare de se trouver dans un état émotionnel d’appréhension, simplement par anticipation. 

Apprendre à ralentir

Une appréhension qui pour Fabian Battistoni, psychothérapeute, superviseur en thérapie d’acceptation et d’engagement (ACT) et formateur dans l’ASBL SAvoirÊtre, peut avoir un réel impact sur nos relations, notre santé et notre bien-être. « Très souvent, les compétences humaines à anticiper, imaginer le futur ou à ruminer le passé nous sortent de l’ici et maintenant. La pleine conscience est une conscience particulière qui consiste à porter  notre attention sur l’expérience de l’instant présent indépendamment de son contenu, agréable ou désagréable. Se rendre compte qu’on est à 300 à l’heure, c’est déjà de la pleine conscience. C’est un entraînement qui commence par faire l’effort d’apprendre à lever le pied, car quand un TGV va très, voire trop vite, cela lui demande plus d’énergie pour freiner et ralentir que pour conserver sa vitesse… Mais apprendre à ralentir est utile, voire primordial pour ne pas dérailler ! » 

La pleine conscience est une méthode « laïque » inspirée du bouddhisme dont la pratique permet d’alléger le stress, la fatigue et la surcharge mentale. Dans un monde en pleine croissance où l’accélération exponentielle dicte la cadence, apprendre à ralentir, à développer son aptitude à prêter attention aux autres et à soi-même n’est pas un luxe superflu, c’est en réalité un outil de bien-être crucial. En prônant quelque part la promotion du ‘faire moins pour ressentir plus’, cette pratique est une invitation délicate à la (re)découverte d’un équilibre mental et physique parfois perdu et, à long terme, d’une manière de vivre qui contribue à l’épanouissement et à la productivité. Tentant, n’est-ce pas ? 

Avec la pleine conscience, on s’offre un moment précieux pour se ressourcer.

- Fabian Battistoni, Psychothérapeute

En pratique, ça donne quoi ?

Vous êtes stressée, fatiguée, débordée ou cherchez simplement à établir des petits rituels pour mieux construire votre vie ? Cousine de la méditation et de la spiritualité, la pleine conscience est peut-être l’outil qu’il vous faut. Selon une étude scientifique conduite en 2022, elle permettrait même une réduction de l’anxiété équivalente au meilleur traitement médicamenteux connu actuellement. 

L’idée derrière cette discipline ? L’acceptation du ressenti et le retour au présent. « Avec la pleine conscience, on s’offre un moment précieux pour se ressourcer. Il n’y a rien à faire, à vouloir, à réussir ou à rater. La finalité, c’est d’éviter de fuir ses émotions avec des tentatives de substitution telles que la consommation d’alcool, de la nourriture ou encore du shopping compulsif », précise Fabian Battistoni. Selon Gwénola Herbette, psychologue, docteure en psychologie, « la première étape, c’est remarquer ce qui est déjà là. Si certaines pensées vous prennent en otage, vous n’êtes pas condamnés à les suivre. »

Chaque jour, il existe de multiples occasions de faire une « pause » dans l’agitation quotidienne et de se concentrer sur le moment présent. Au travail, arrêtez-vous quelques secondes et réancrez-vous dans votre posture. Lors d’une promenade en nature, faites attention à votre respiration, sans chercher à la contrôler.

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S’entraîner pour intégrer

Apprendre à ralentir, c’est comme apprendre à nager. Même si on peut parfois se débrouiller seule et barboter, l’entraînement va rester nécessaire. D’ailleurs, comme en natation, plus on va s’entraîner, plus on va être à l’aise dans l’eau. « Par petites touches, une pratique informelle peut consister à revenir dans l’expérience sensorielle où vos sens sont mobilisés dans l’instant présent. Vous prenez votre douche ? Donnez de l’attention aux sensations présentes, à l’eau qui coule, à l’odeur du savon », conseille Gwénola, qui est également fondatrice de l’Institut Pleine Conscience, enseignante et formatrice en MBSR.

Attiré par la pleine conscience ? Dans cette pratique à la fois simple et difficile, se faire guider est essentiel. Pour la découvrir, il existe un programme de huit semaines de Mindfulness-Based Stress Reduction (MBSR) qui résulte en un entraînement quotidien rythmé par 45 minutes d’exercices bien spécifiques. « Que vous fassiez des recherches sur internet, téléchargiez une appli ou décidiez de lire sur le sujet, s’autoriser à être curieux et à expérimenter quelque chose est déjà une belle avancée. Néanmoins pour gérer les difficultés ressenties lors de la pratique, hormis l’engagement nécessaire, l’accompagnement permet d’être soutenu et guidé. », conclut Gwénola.

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