Fêtes

L’esprit des fêtes : avant tout une émotion

16.12.2020
par Fokus Online

Lointaine est l’époque où les fêtes de fin d’année concernaient les seuls chrétiens. Aujourd’hui, tout le monde se laisse séduire par l’esprit de fête qui entoure ces célébrations, toutes cultures et convictions spirituelles confondues.

Guirlandes lumineuses, étoiles scintillantes, sapins décorés… Les fêtes de fin d’année sont proches et, tout à coup, l’arrivée de l’hiver paraît moins rude. « Si le 25 décembre commémore la naissance du Christ, avec la laïcisation progressive des fêtes et l’affaiblissement de la religion catholique, les gens prennent plus de libertés, chacun s’appropriant les fêtes du calendrier religieux à sa façon », explique Françoise Lempereur, titulaire des cours de Patrimoine culturel immatériel à l’Université de Liège.

Rappelons néanmoins qu’avant d’être chrétienne, la fête du 25 décembre était une célébration païenne durant laquelle on honorait le retour de la lumière. Vivant au rythme des saisons, les gréco-romains organisaient de grandes fêtes à l’occasion du solstice d’hiver, qui marque la nuit la plus longue, mais aussi le moment où les jours commencent à s’allonger. « L’adoration du soleil est toujours symbolisée par les bougies », note Fr. Lempereur. « On fête aussi le retour de la végétation avec des branches vertes : le houx, le gui, le sapin… sachant que le premier sapin n’est apparu en Belgique qu’en 1860, à Malmedy. Un sapin allemand. »

Aujourd’hui, les fêtes de fin d’année représentent surtout des moments de convivialité partagés en famille ou entre amis. Des instants dont raffolent les Belges. « Le Belge est connu pour être un bon vivant qui aime faire la fête », exprime le chanteur et humoriste Jean-Luc Fonck. « Tradition ou non, toutes les occasions sont bonnes pour célébrer. Et peu importe si les choses ne se passent pas comme prévu. Parfois, tout foire, et c’est là qu’on s’amuse le mieux. » 

Les fêtes de fin d’année font aussi bien souvent référence à de belles tables pleines de mets d’exception. Le plaisir gastronomique était déjà présent autrefois. « On mangeait alors du cochon, car, dans les familles rurales, on élevait au moins un cochon que l’on tuait juste avant Noël et qui permettait notamment de confectionner du boudin et diverses charcuteries. Ensuite, à la fin du 19e siècle, on a plutôt consommé du lapin, surtout en ville où l’on possédait plus facilement un clapier qu’une porcherie. Et puis, bien sûr, les spécialités boulangères et pâtissières complétaient le repas. »

Les plaisirs sucrés, voilà qui rappelle bien des souvenirs à J.-L. Fonck. « Mes parents étaient boulangers-pâtissiers, alors, les fêtes de fin d’année à la maison, c’était boulot boulot boulot. Il y avait des bûches et des gâteaux de tous les côtés. Avec tout ça, on n’avait pas vraiment le temps de fêter et du coup, ces fêtes ne sont pas primordiales pour moi. Mais je les aime quand même. Les rues illuminées, les sapins, les décorations… c’est joli ! Sauf les traineaux, je n’aime pas le traineau du Père Noël. » Ah ? Nous y reviendrons.

La légende du Père Noël est apparue au début du 19e siècle, dans un poème intitulé « The Night Before Christmas » (« la nuit avant Noël » en français). « Le poème publié en 1823 représentait Saint-Nicolas, progressivement devenu le Père Noël, sur un traineau tiré par des rennes », relate Fr. Lempereur.  Petit à petit, le Père Noël est devenu le personnage emblématique de Noël, celui qui dépose des cadeaux au pied du sapin. Il a d’ailleurs donné lieu à de nombreuses chansons de Noël, des classiques néanmoins pas appréciés de tous. « Dans toutes les chansons de Noël, il y a toujours des grelots, ce bruit censé caractériser le traineau », constate J.-L. Fonck. « Je trouve ça épouvantable ! Si le Père Noël se déplaçait à moto, aurait-on mis un bruit de moto tout le long des chansons ? »

Qu’elles incarnent une période festive, de repos ou de labeur, les fêtes de fin d’année célèbrent toujours la victoire de la lumière sur l’obscurité. Aussi, en ces temps incertains où chacun aspire à voir l’épidémie s’évanouir, le Belge garde le sourire en continuant à lever son verre en faveur de ce qu’il a de tout temps honoré, la « Santé ! »

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