Interview par Fokus Online

GuiHome: « Je crois que l’humour peut sauver des vies, à sa manière »

GuiHome a été l’un des humoristes belges les plus prolifiques durant la période mouvementée que nous avons connue. Et il ne compte pas s’arrêter là en 2021. Rencontre avec un jeune homme positif et hyperactif.

GuiHome a été l’un des humoristes belges les plus prolifiques durant la période mouvementée que nous avons connue. Et il ne compte pas s’arrêter là en 2021. Rencontre avec un jeune homme positif et hyperactif.

Comment as-tu vécu le confinement ?

« J’aimerais dire que je l’ai vécu comme tout le monde : patiemment. Je le vis avec philosophie : “ça ira mieux demain !” Mais comme dans chaque situation, il y a des chanceux et des moins chanceux. Moi, je fais un peu partie des “chanceux”. La majeure partie de mon boulot se fait chez moi: j’y écris et j’y tourne mes vidéos. Donc mon quotidien n’a pas vraiment été chamboulé. Mais j’en profite aussi pour me poser physiquement et mentalement. Je me demande à quoi faire attention aujourd’hui et demain, quand tout ceci sera derrière nous. » 

Et justement que voudrais-tu changer après le confinement ?

« Je veux essayer de vivre plus intensément les relations humaines, les petits moments de détente ensemble. Je connais leur importance, étant donné que tout cela nous a été interdit pendant tout ce temps. »

Tu penses donc que la période que nous vivons est tout de même positive pour tout un chacun ?

« Je ne dirais pas les choses comme cela. La situation est grave, des gens meurent, des familles souffrent. Mais d’une certaine manière, dans chaque catastrophe, il y a toujours quelque chose de positif, même si je sais que c’est facile de dire ça quand on est privilégié comme moi. Ce que cette période nous a amené de positif, je crois que c’est l’obligation d’unité. On s’est aussi tous rendu compte par exemple de l’importance de certaines professions, difficiles, mais essentielles. »

La situation t’a-t-elle inspiré de nouveaux sketchs ou vidéos ?

« Effectivement ! Ça a été une vraie période de création. Pendant les deux confinements, j’aurai réalisé une centaine de vidéos. C’est dans ce type de période que mon personnage prend tout son sens : quand il est bousculé et paradoxalement drôle par rapport à tout ce qui se passe autour de lui. J’ai enchaîné les vidéos sur la pandémie avec mon personnage qui se posait des milliers de questions ; des questions que la plupart des gens se sont posées aussi. »

Tu as donc fait de l’humour une arme contre la morosité du moment…

« Je préférerais parler d’outil. L’idée d’arme fait référence à quelque chose de violent et d’assez triste. On n’a pas besoin de ça en ce moment (rires). Mais oui, c’est un outil assez important. Certaines personnes regardent mes vidéos avant de dormir, avant de commencer la journée ou après une bonne journée de travail. Ça aide les gens qui y sont sensibles à vivre les choses différemment. Une personne qui était aux soins intensifs m’a chaleureusement remercié par exemple, car une de mes vidéos lui avait fait du bien. C’est grâce à des réactions pareilles que je me sens à ma place. Je crois que l’humour peut sauver des vies à sa manière. »

Dans chaque catastrophe, il y a toujours quelque chose de positif.

Ta plus grande source d’inspiration, on l’a compris, c’est l’actualité. Mais y en a-t-il d’autres ?

« Oui ! J’ai une double inspiration : l’actu et les gens dans leur quotidien. Ma famille, mes amis, les gens que je rencontre dans la rue, dans l’administration… partout ! Les gens ne se rendent pas compte à quel point ils peuvent être drôles sans le savoir ! Par exemple, un facteur qui trie ses papiers devant moi et qui galère, purée, que c’est drôle ! Et moi aussi je suis certainement drôle à mon insu pour les gens
qui m’entourent ! »

Parlons fêtes de fin d’année… tu as prévu quelque chose cette année ?

« Difficile à dire vu qu’on ne sait pas vraiment quelle tronche elles vont avoir ces fêtes de fin d’année (rires) ! Si on doit choisir les gens avec qui on va les passer, qui va-t-on choisir : ceux qui font les meilleurs cadeaux, ceux qui cuisinent le mieux ou ceux qui sont les moins fatigants (rires) ? En gros, il y a deux scénarios : soit je serai seul avec mon bonnet de Noël, ma webcam, mes bulles et un plat commandé ; soit ce sera en famille avec les bons petits plats de ma maman. Entre nous, je préférerais le deuxième scénario. Je suis très famille ! »

Avez-vous des traditions familiales bien ancrées ?

« Nos grands-parents étaient fort croyants. L’organisation du réveillon dépendait de la messe de minuit principalement ! Aujourd’hui, nous avons conservé une organisation traditionnelle. En revanche, chaque année revient la grande discussion : sapin artificiel ou naturel ? Et chaque année, je finis par aller chercher nos 2 sapins naturels avec ma maman. Puis arrive la 2e grande discussion : Nordmann ou épicéa ? Côté repas, chacun apporte quelque chose pour le repas de Noël. J’ai aussi instauré la remise des cadeaux à l’apéro… sinon je suis trop impatient et je n’arrive pas à manger (rires). Le jour du réveillon, ma sœur nous oblige aussi à porter quelque chose en rapport avec Noël. Et moi j’aimerais remettre au goût du jour la photo de famille, même si ça fait très kitch (rires). »

L’année 2020 n’était peut-être pas la meilleure qu’on ait vécu. Vas-tu relever le niveau avec tes projets en 2021 ?

« Oh oui ! Je suis un hyperactif et que j’aime toucher à tout. C’est ma grande sœur, qui travaille avec moi sur plusieurs projets, qui doit me recadrer (rires). En 2021 donc, j’aimerais intensifier la production de mes vidéos ! Je prépare aussi une nouvelle saison de “L’été taré de GuiHome” sur la Une et je suis actuellement sur la RTBF avec mes vidéos, tous les samedis soir à partir de 20h10. Le gros projet de 2021, c’est aussi la grande tournée sur scène “GuiHome vous détend Le Grand”. Je lance également une gamme merchandising écoresponsable et une agence digitale avec ma soeur, sans oublier un projet de société de cocktails avec un de mes amis. »

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Si tu n’avais pas été humoriste, tu aurais voulu être…

« Organisateur d’événements, décorateur d’intérieur ou styliste. Je reste un touche-à-tout avec une âme créatrice. Je ne dis pas que ce que je fais est bon. Mais il faut toujours que je fasse quelque chose d’artistique. À côté de ça, je n’aurais pu être qu’indépendant. J’ai beaucoup de mal avec l’autorité. Je ne supporte pas qu’on me dise ce que je dois faire (rire). »

16.12.2020
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