Fêtes

D’hier à demain : nos habitudes

16.12.2020
par Fokus Online

Les habitudes de consommation et de déplacement des Belges ont été bouleversées par la crise sanitaire. Ces nouveaux comportements s’inscrivent-ils dans le temps ? Ou le Belge renouera-t-il à la première occasion avec ses « anciennes » pratiques ?

Le 17 mars dernier, la Belgique entrait en confinement. Une situation exceptionnelle qui a conduit les citoyens à modifier certaines de leurs habitudes quotidiennes. Leurs modes de déplacement, d’abord. « Le confinement de mars-avril a entraîné un achat massif de vélos », déclare Benoît Godart, porte-parole de VIAS, l’Institut pour la Sécurité routière. L’attrait pour le vélo était déjà présent avant le confinement, mais il s’est accentué à l’issue de celui-ci. « On observe depuis quelques années une nette augmentation du nombre de cyclistes sur les routes, à Bruxelles surtout, mais aussi partout en Belgique. En revanche, jamais encore on n’avait vu des rayons de vélos vides dans les magasins. » 

Outre le deux-roues classique, le vélo cargo a aussi connu un succès important, pour le transport des enfants. De même que la trottinette électrique.
« Les ventes de trottinettes ont augmenté de 80 % durant le confinement. L’engouement pour la mobilité douce s’explique aussi du fait qu’une part importante de la population préfère éviter les transports en commun depuis l’annonce de la pandémie, à cause du risque de contamination. »

En raison du télétravail surtout, la circulation automobile demeure, aujourd’hui encore, moins dense qu’avant le premier confinement. Au mois d’octobre, avant l’annonce du deuxième confinement, l’Institut Vias enregistrait 30 % de trafic en moins. « Un des effets du trafic atténué est que certains conducteurs ont tendance à rouler plus vite », remarque toutefois B. Godart. « Pendant le confinement notamment, on a enregistré moins d’accidents, mais des accidents deux fois plus mortels. D’où l’importance de mener des contrôles de vitesse. »

Par la force des choses, le confinement a eu des répercussions non négligeables sur les comportements d’achat et de vente. Il a en particulier contribué à l’explosion du e-commerce. « Les consommateurs se sont dirigés en masse vers l’achat en ligne », informe Wim Van Edom, économiste chez Comeos, Fédération du commerce et des services en Belgique. « Parallèlement, de nombreux commerçants ont instauré un système de vente en ligne. »

Une enquête menée par la Fédération Comeos révèle que 35 % des adeptes et nouveaux adeptes de l’achat en ligne souhaitent continuer, à l’avenir, à faire leurs achats de cette façon, et 10 % affirment même qu’ils achèteront dorénavant beaucoup plus en ligne. « A contrario, 51 % des sondés manifestent leur volonté de revenir au shopping physique dès qu’il sera possible. Et les raisons évoquées ne sont pas d’ordre négatif, comme la méfiance vis-à-vis de l’e-commerce par exemple. On manifeste surtout une volonté de revivre l’expérience du shopping physique qui permet de voir et toucher les objets et d’obtenir des renseignements de la part des commerçants. »

Durant le premier confinement, seuls les magasins alimentaires sont restés ouverts. Les Belges ont favorisé les magasins de quartier. « 83 % d’entre eux déclarent avoir surtout fréquenté les magasins très locaux, tels que la boulangerie ou la boucherie du coin, plutôt que les grandes surfaces. 47 % ont fréquenté les magasins des rues commerçantes et 41 % les magasins situés en périphérie. » La vente directe à la ferme a également connu un boost important, mais cette tendance demeure anecdotique au regard de la consommation totale.

Si les commerçants craignent que les mesures sanitaires mises en place par les autorités freinent la consommation, qu’ils se rassurent : les sondages révèlent l’inverse. « Beaucoup de nos membres ont l’impression qu’obliger le consommateur à venir seul, à porter le masque, à suivre un parcours, etc., le freine dans son élan. Nos enquêtes montrent que le respect des règles rassure les clients. Ils entrent facilement dans les magasins qui les appliquent et évitent ceux qui paraissent trop laxistes. »

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