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Business

Tous écoresponsables et co-responsables

25.03.2021
par Fokus Online

Alors que les Belges trient attentivement leurs déchets à la maison, ils sont moins assidus sur leur lieu de travail. L’effet d’un manque d’information ou de moyens ? Les entreprises ont pourtant tout intérêt elles aussi à trier leurs déchets industriels.

Economie circulaire

Qu’est-ce qui a pu pousser la firme Saint-Gobain Autover à opter pour un film plastique fabriqué à partir de matière recyclée pour protéger ses parebrises lors de leur transport ? Une politique d’entreprise axée sur l’économie circulaire. Un choix engagé qui suit une annonce de Valipac, l’organisme de gestion des déchets d’emballages industriels, sur un réseau social. « Autover a eu vent de notre collaboration avec Wienerberger, qui utilise des housses d’emballage avec 50 % de plastique recyclé », raconte Ingrid Bouchez, la communication manager de Valipac. « Les films de protection utilisés par Autover sont aujourd’hui fabriqués à partir de 50 % de plastique recyclé. »

Gestion des emballages industriels

Une belle histoire pour un défi de taille : la gestion des emballages industriels. Chaque année, ce sont plus de 750 000 tonnes de déchets d’emballages industriels qui arrivent sur le marché belge. « Leur tri et leur recyclage sont un réel enjeu pour les entreprises générant des déchets d’emballages pour la commercialisation de leur marchandise. Elles ont en effet l’obligation légale aujourd’hui de démontrer que 80 % de ces emballages sont recyclés. » Et gare aux amendes administratives : plus de 1000 €/tonne de déchets non recyclés !

« Sauf que c’est extrêmement compliqué sur une base individuelle ! » aux yeux de Ingrid Bouchez. « Une entreprise n’a aucune vue sur la façon dont les emballages dont elle est responsable sont gérés chez ses clients. C’est pourquoi des organismes de gestion ont été créés. Fost Plus pour les emballages ménagers, Valipac pour les emballages industriels. » Les entreprises peuvent ainsi leur déléguer cette obligation.

Effort collectif

Toutefois, ce défi implique tout de même un effort collectif ! « Nous parlons de co-responsabilisation », résume- t-elle. « Toutes les parties prenantes sont concernées : des producteurs d’emballages aux entreprises qui les utilisent. En passant par celles qui les déballent et celles qui les recyclent. Toutes ont un rôle essentiel à jouer en matière de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). »

Nous parlons de co- responsabilisation : toutes les parties prenantes sont concernées par la gestion des emballages industriels.

- Ingrid Bouchez, communication manager, Valipac

Scène européenne

La Belgique fait aujourd’hui office de bonne élève sur la scène européenne. « Nous sommes l’unique pays européen à avoir créé un organisme pour les emballages industriels en plus de celui pour les emballages ménagers. Et nos résultats sont plus que satisfaisants avec un taux de recyclage de 89,4 % pour les emballages à usage unique ! Pour autant, de nouveaux défis attendent déjà les entreprises belges ! » Augmenter les collectes sélectives pour augmenter le taux de recyclage. Améliorer la traçabilité des flux recyclés. Stimuler le recyclage local pour une gestion plus durable des déchets. Ou encore, améliorer la recyclabilité et la circularité.

Préserver notre planète

Et les entreprises ont tout à y gagner, à commencer par le respect d’une logique environnementale bien ancrée aujourd’hui chez les consommateurs. « Nous ne sommes plus au 19e siècle où l’on enfouissait tous les déchets dans un trou, sans que cela pose de problème de conscience », rappelle Ingrid Bouchez. « Aujourd’hui, nous avons la volonté ferme de préserver notre planète. » D’autres arguments font mouche également. Le système de primes instauré par Valipac ou encore la baisse des coûts de collecte des déchets résiduels. La facture pour l’enlèvement de déchets résiduels étant plus élevée que celle des déchets triés.

Différents flux d’emballages en plastique

Alors pourquoi certaines entreprises ne trient-elles toujours pas ? Une enquête menée par le bureau Haystack auprès de 400 entreprises a établi que leur principale raison de ne pas trier est que cela leur semble compliqué. En particulier pour les différents flux d’emballages en plastique. « Pourtant, sur les 100 000 tonnes d’emballages industriels en plastique qui débarquent sur le marché belge, 80 % sont des housses ou des films de palettisation. C’est le gisement majoritaire, plutôt facile à trier. »

Sensibilité du BtoB

Alors l’optimisme est de rigueur et l’année 2021 est celle de l’ambition pour Ingrid Bouchez : « Je vois une vraie sensibilité du BtoB se développer. Nos entreprises partenaires savent qu’en faisant partie des précurseurs. Elles vont enclencher une mécanique vertueuse et seront suivies d’autres entreprises. » Alors, tous écoresponsables et co-responsables de nos déchets en 2021 ?

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