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À la recherche de sens et d’authenticité !

06.01.2021
par Fokus Online

En tendant l’oreille, on peut entendre dire des nouvelles générations qu’elles sont capricieuses, qu’elles rechignent à la tâche, ne connaissent ni le respect ni la loyauté envers un employeur. Vraiment ? Pourtant, loin de ces préjugés, il semblerait que tout soit une question de priorité.

«Les jeunes sont beaucoup plus critiques sur les bullshit jobs que les générations précédentes, » éclaire d’emblée Sébastien Cosentino, porte-parole de l’agence d’intérim Randstad, bien connue pour les études qu’elle publie annuellement concernant le marché du travail. « La valeur ‘travail’ s’est longtemps suffi à elle-même en ce qu’elle permettait de gagner de l’argent. Ce qui caractérise les nouvelles générations, c’est qu’elles ont besoin de trouver du sens dans le contenu de leur fonction. » Ni instables ni déloyaux, les moins de 30 ans souhaitent s’investir selon l’expert dans des « projets transversaux qui les challengent » et qui leur permettent aussi de donner du sens à leur travail. « Ils veulent avoir un vrai rôle et un impact. » Un autre critère émerge chez les sondés, qui va de pair avec la recherche de sens, celui de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). « En une année, selon notre étude Employer Brand Research 2019, le critère RSE a été multiplié par 3 et s’est maintenu sur l’année 2020.  Ils cherchent un employeur ‘qui fait sens’, par rapport à l’ambition, à leurs idéaux, à la volonté d’avoir un monde pour demain plus sain, plus vivable. »

Si l’argent reste un leitmotiv puissant, toutes générations confondues, il ne fait pas tout pour Johan Claes, Employer Branding & Sourcing Manager de la STIB-MIVB. « Le salaire, c’est important. Mais on sait aussi que ça ne motive que 3-4 mois. Parce qu’après, c’est considéré comme un acquis. » Alors pour les recruter, les entreprises doivent prouver qu’elles ont plus à offrir qu’un alignement de zéros sur une fiche de paie.  

Les jeunes sont beaucoup plus critiques sur les bullshit jobs que les générations précédentes.
— SÉBASTIEN COSENTINO, PORTE-PAROLE DE L’AGENCE D’INTÉRIM RANDSTAD

Toutes les méthodes sont bonnes pour faire passer le message et toucher ces jeunes générations. Réseaux sociaux, affichages, sites d’emploi, stands, applications, les supports sont nombreux pour rencontrer son public et ses futurs candidats. Et il ne faut pas hésiter à sortir des sentiers battus et prouver la modernité de l’entreprise. « On est à l’affut de toutes les opportunités. Cet été, on a publié une campagne sur les sachets en papier des boulangeries. Et au début de cet autonome, nous avions une campagne d’affiche dans les toilettes de bars et de restaurants qui a très bien fonctionné : ‘votre prochain job à portée de main, sans oublier de les laver bien sûr !’ » Grâce à une stratégie d’employer branding créative et multisupport, Johan Claes s’occupe d’attirer de nouveaux candidats pour l’entreprise de transport, avec, chaque fois, un message à faire passer : « venez vous informer. C’est très motivant de travailler pour une société qui sert la communauté, qui remplit une mission. Il y a une vraie responsabilité derrière. » Parmi leurs pépites de communication, leur jeu sur smartphone, « Simbus », était en lice pour les Talent Acquisition Award 2020 (HRM Night©). « Nous avons filmé de vraies lignes de bus pour donner aux joueurs l’occasion de se projeter virtuellement en chauffeur de bus à Bruxelles. Il y a un côté gaming, avec des points à gagner. Nous avons eu plus de 100 000 joueurs. On a noté au lancement une hausse de 40 % des candidatures au poste de chauffeur de bus. » 

Mais attention, si cette génération cherche du sens, mieux vaut ne pas lui mentir, avertit Sébastien Cosentino : « le message principal à faire passer aux employeurs, c’est d’être absolument authentiques. Si la promesse n’est pas tenue après l’embauche, le candidat non seulement ne restera pas, mais en plus, sera un ambassadeur négatif pour votre entreprise. »

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