Business

Le monde de l’entreprise plus vert ?

09.09.2021
par Bastien Craninx

La lutte pour la protection de l’environnement est aujourd’hui sur toutes les lèvres. Dans celle-ci, les entreprises ont incontestablement un rôle à jouer. Comment peuvent-elles y prendre part durablement ? Voici quelques réponses.

Alors qu’un nouveau rapport alarmant du Giec (sorti en juin dernier) prévoit, si rien ne change, des conditions extrêmes pour l’humanité d’ici 2050, il est intéressant de faire le point sur la dynamique des entreprises dans cette grande lutte environnementale. « Car en plus d’avoir un impact majeur dans l’émission de CO² au niveau planétaire, elles peuvent évidemment modifier leur empreinte écologique et jouer un rôle d’exemple pour la société », assure Marek Hudon, professeur à la Solvay Brussels School of Economics.

Dire qu’aujourd’hui ce changement est encore loin d’avoir touché les esprits des managers serait mentir. « Pour simple exemple, de plus en plus d’organismes financiers et bancaires recherchent cet impact au sein des entreprises qu’ils financent », explique Julien Dumont, expert du département économie en transition chez Bruxelles Environnement. « Les nouvelles valeurs au centre de l’attention sont les PPP : people, planet & profit. » Sans compter que la pression des consommateurs (beaucoup plus attentifs et informés) et des gouvernements se fait de plus en plus prégnante, évitant ainsi qu’une entreprise ne se concentre uniquement sur son profit.

Dans cette optique, il est tout à fait logique que le management anticipe le durcissement progressif de la régulation internationale en matière de responsabilité sociétale des entreprises et de durabilité. « Ça permet de se positionner plus durablement sur le marché », évoque Julien Dumont en prenant l’exemple du secteur de la construction à Bruxelles. Avant 2015, le secteur souffrait beaucoup plus de concurrence déloyale avec des employés payés au rabais. « Il a alors anticipé la mise en place du PEB pour former des travailleurs et leur donner un avantage concurrentiel. » En cela, on peut dire que dans certains domaines (gestion des déchets, de l’habitat…), l’Union européenne a réussi à tirer les états membres vers le haut en matière de durabilité.

Le secteur de la construction a anticipé la mise en place du PEB pour former des travailleurs et leur donner un avantage concurrentiel.

— Julien Dumont

Pour cadrer ses objectifs et son business en matière de RSE, une entreprise peut s’attaquer à trois dimensions : son écogestion (son comportement de consommation et la manière dont elle impacte son territoire), son core business (manière de s’approvisionner et de mettre son produit sur le marché) et sa gouvernance. « Et il faut bien l’admettre aujourd’hui, le nœud du problème réside dans le core business des entreprises », avoue Julien Dumont. Pourtant qu’on se le dise : « On va définitivement vers un mieux ! Il existe d’ailleurs une multiplicité d’organismes d’aide et de prime à la région », poursuit Marek Hudon. Enfin, il ne faut pas oublier qu’il existe des facilitateurs qui peuvent conseiller et accompagner gratuitement les entreprises sur une série de thématiques (gestion de flotte de véhicules, filières circuits courts…).

Article précédent
Article suivant