L’infobésité guette nos entreprises
IT

L’infobésité guette nos entreprises

25.02.2021
par Fokus Online

Les datas ne cessent de prendre de l’importance au sein de l’activité des entreprises. La surcharge d’informations peut pourtant mettre les collaborateurs et les entreprises sous tension. La data : l’enjeu de cette décennie. 

L’information supplémentaire ne sera plus intégrée

Vous êtes-vous déjà senti débordé au travail ? Au point de ne plus parvenir à traiter l’ensemble des informations transmises ? Vous êtes peut-être confronté à ce que l’on appelle « l’infobésité », une surcharge d’informations nocive pour votre activité professionnelle. « Plusieurs chercheurs ont en effet démontré que la qualité de la prise de décision est positivement corrélée au volume d’informations reçu jusqu’à un certain point », explique François Lambotte, professeur de communication à l’UCLouvain. « Au-delà de ce point, l’information supplémentaire ne sera plus intégrée dans la prise de décision. »

L’influence sur la productivité et l’innovation

Et il ne faut pas être devin pour imaginer les conséquences néfastes d’un tel phénomène au sein même d’une entreprise et parmi les collaborateurs. « Au-delà de l’influence sur la productivité et l’innovation (la perte de temps de travail est estimée à 30 % en raison des interruptions liées en partie au traitement des emails), il y a également des risques psychosociaux, d’augmentation de la charge mentale, de désinformation ou même de burnout », avance Caroline Sauvajol-Rialland, professeur à Sciences Po Paris et dirigeante de So Comment, cabinet de conseil en gestion de l’information. Ainsi, déjà au début des années 2000, plus de 74 % des managers français déclaraient souffrir d’infobésité et d’un sentiment d’urgence généralisé. Et 94 % d’entre eux pensaient également que la situation ne pouvait que se détériorer. Force est de constater qu’ils avaient visé juste. 

L’infobésité guette nos entreprises

Les données sont le nerf de la guerre et s’avèrent vitales pour toute société ou indépendant.

— Brice Goutier

Et l’infobésité n’est pas qu’un défi pour les travailleurs, c’en est aussi un pour les entreprises. Elles aussi croulent sous les données, issues des IOT, de leur site internet, de leurs employés etc. Les stocker est le 1er défi qu’elles doivent relever. « Les données sont le nerf de la guerre et s’avèrent vitales pour toute société ou indépendant », témoigne Brice Goutier, consultant indépendant, expert dans la gestion des données. Il a été plusieurs années à la tête d’une société informatique qui vendait, notamment, des solutions de sauvegarde Cloud. « Imaginez les conséquences si vous perdez toute votre comptabilité ? Une fausse manipulation et on a vite fait d’effacer un fichier par mégarde. Sans parler des différents crypto-virus et autres ‘‘malwares’’ qui trainent sur le net. La majorité des documents produits doivent donc être en sécurité. Et les bonnes pratiques de base sont les mêmes, peu importe, de fait, la taille de l’entreprise. » 

Le concept de business intelligence

Mais stocker pour stocker n’a aucun sens, encore faut-il savoir s’en servir. C’est là qu’intervient le concept de « business intelligence », ou l’utilisation des data dans la prise de décision. Et de nouveau, trop d’informations peut brouiller les décisions. Pour cette raison, les entreprises doivent de plus en plus se doter de nouveaux outils de gestion des données : collecter, trier, nettoyer puis exploiter les données. L’afflux de données requiert de l’espace, ce qui a un coût. Logique, donc, que le « data management » aborde aussi l’aspect de conservation des données, comme celui de leur… suppression.

D’après le consultant Brice Goutier, « du point de vue juridique, une entreprise est censée conserver ses données vitales pendant sept ans. Je conseillerais d’adopter une politique d’archivage pour ces données critiques, comme la comptabilité, les rapports, les contrats, ou encore les commandes. On appelle ces données des ‘‘cold data’’. Car elles ne sont plus modifiées et ne doivent normalement plus être traitées ou consultées. Acquérir, traiter et conserver les données représente un défi. Mais s’en séparer aussi ! »

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