mouvement FIRE
Finance

Rentier plutôt que salarié ?

28.01.2021
par Julie Garrigue

La retraite à 40 ans, c’est la promesse du mouvement FIRE. Ça ressemble à un mail d’arnaque ou une publicité mensongère. Et pourtant, rien de plus vrai : l’indépendance financière en quelques années, c’est possible. Rencontre avec deux disciples qui ont réussi leur coup.

Sébastien Aguilar et Marc Mazière ont la trentaine, des vies et des parcours différents. Ce qui les rapproche ? L’argent. Ou plutôt, la gestion de leur argent. Une gestion millimétrée et optimisée.

Mouvement FIRE

« Tout a commencé parce que j’étais sans travail, sans économies, sans sécurité sociale, sans pension. Je ne pouvais plus payer mon logement, je n’ai pas eu le choix, il a fallu que je me réveille. J’ai ouvert un document Excel, et j’ai commencé à traquer mes dépenses. C’était en 2011-2012 » se souvient Sébastien Aguilar, auteur du site de la communauté Indépendance Financière (firebelgium.com). Il entre dans le mouvement FIRE quelques mois plus tard, un acronyme qui signifie « Indépendance financière, retraite anticipée ». « Le but est de se créer d’abord une sécurité, puis une liberté financière. J’ai découvert à l’époque une communauté de gens, qui prennent vraiment leurs finances en main. »

« Le but n’est pas de réduire les dépenses au minimum, mais de prendre conscience de qui compte vraiment pour vous. »

Sébastien Aguilar, firebelgium.com

Mode de vie pour esprit rationnel

Marc Mazière, auteur du site radinmalinblog.com s’intéresse à ces questions depuis tout jeune. « J’ai un esprit de gestionnaire, très rationnel. J’ai toujours été débrouillard sur les questions d’argent, vu que je viens d’une famille surendettée. » Avoir connu des difficultés financières le pousse, après ses études, à chercher des solutions pérennes. « Mon but est de décorréler le salaire du revenu. La plupart des gens ont dans l’idée qu’ils doivent échanger leur temps contre de l’argent, c’est-à-dire travailler. Ce que je veux, c’est me constituer un revenu mensuel et me libérer de la nécessité de travailler. »

1001 façons d’économiser…

La 1ère étape est d’économiser pour investir dans un 2e temps. Et parmi ses nombreuses astuces, M. Mazière insiste sur le long terme, au travers de 3 bonnes habitudes : « ne faites jamais de crédit hors immobilier, parce que vous paierez des intérêts sur un produit qui perd de la valeur. Vous serez doublement perdant. Ensuite, épargnez tous les mois et payez-vous en 1er : n’attendez pas la fin du mois, épargnez 10 % de votre salaire dès que vous le recevez. Enfin, faites votre budget et traquez les dépenses superflues. »

Ce qui ne signifie pas renoncer aux plaisirs de la vie, mais les trier, comme l’explique S. Aguilar de mouvement FIRE, qui a déjà atteint ce stade convoité de l’indépendance. « Le but n’est pas de réduire les dépenses au minimum, mais de prendre conscience de qui compte vraiment pour vous. Si vous trouvez du bonheur à faire du vélo de course, n’achetez pas le moins cher mais le meilleur, pour profiter au mieux de cette expérience. »

… Pour investir ensuite

Si le trentenaire a atteint ce stade, ce n’est donc pas qu’en épargnant : c’est grâce à sa stratégie d’investissement. « J’ai mis en place un système financier avec ma femme, qui nous permet de vivre d’investissements indiciels passifs, automatisés à presque tous les points de vue. C’est un plan sur le très long terme, nous ne devrions plus avoir besoin de travailler pour de l’argent. »

Internet regorge de conseils plus ou moins éclairés, alors prudence ! Pour M. Mazière, il faut se concentrer sur 3 piliers : « la bourse, l’immobilier et l’entrepreneuriat. Si l’on m’en avait parlé il y a encore 5 ans, je pense que ça m’aurait fait peur. Pourtant, on peut creuser ces 3 pistes y compris avec un revenu minimum. »

S’entraider : la seule vraie clé

Si les 2 jeunes hommes, de mouvement FIRE et de radinmalinblog.com ont chacun leur vision et leurs astuces, ils se rejoignent sur une évidence : vidéos, blogs, podcasts, le plus important, c’est de se former. Et S. Aguilar de conclure : « L’autre clé, c’est de rejoindre une communauté de gens. Il est difficile d’aller à l’encontre de nos idées reçues et de notre éducation. Dans certains milieux, dépenser prouve le statut social, dans d’autres, investir est mal vu. Se remettre en question est plus simple lorsqu’on se rend compte que d’autres partagent un cheminement similaire au nôtre. »

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