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Finance

L’investissement à impact social : plus qu’un geste pour la planète

02.06.2022
par Fokus Online

Le monde est en retard sur ses objectifs de développement durable. D’ici 2030, environ 6 mille milliards de dollars d’investissements sont à réaliser pour rattraper ce retard. Mais il y a des raisons d’espérer. Des solutions existent, comme l’investissement à impact social.

En 2015, les États membres des Nations unies établissaient ce que l’on connaît aujourd’hui sous le nom d’Objectifs de développement durable (ODD). Au nombre de 17, ces objectifs définissent les cibles à atteindre pour l’horizon 2030, en vue, comme le soulignait l’ONU, de “sauver le monde”. Depuis lors, les différents gouvernements, les entreprises, les ONG ainsi que les citoyens du monde se sont engagés à de nombreuses actions qui tendent , autant que possible, vers cet objectif global. Mais il faut bien avouer qu’à l’heure actuelle, les progrès ont été beaucoup trop minces pour espérer satisfaire les exigences de l’ONU. “Pas moins de 6 000 milliards de dollars (5,45 mille milliards d’euros) d’investissements sont à réaliser dans le domaine du développement durable pour conserver une planète viable sur le plan social, économique et environnemental”, explique Kelly Hebert, Country head of Belux and Global head of ESG Distribution.

“Le déficit de financement est estimé à 2.500 milliards de dollars (2.272 milliards d’euros) par an pour arriver à l’équilibre de ces objectifs”. Autant dire que nous sommes encore loin du compte. Et ce n’est pas la récente pandémie de Covid-19 qui aura favorisé les progrès nécessaires. “La crise sanitaire a notamment amplifié la fracture sociale en affaiblissant le système éducatif (ODD 4), en exacerbant la pauvreté (ODD 1) et en augmentant les inégalités sociales (ODD 10)”, poursuit Kelly Hebert. Pour ce qui concerne l’environnement, même si on constate depuis quelques années des progrès en matière de gaspillage en eau (ODD 6) ou d’actions pour le climat (ODD 13), force est de constater que les rapports du GIEC sont toujours aussi accablants. Et pour cause, puisqu’on estime actuellement que le changement climatique est d’ores et déjà “irréversible”. Les températures dépasseront donc probablement les 1,5°C au- dessus du niveau pré-industriel.

Pas moins de 6 000 milliards de dollars d’investissements sont à réaliser dans le domaine du développement durable pour conserver une planète viable sur le plan social, économique et environnemental.

— Kelly Hebert, Country head of Belux and Global head of ESG Distribution

Pourtant, si l’avenir semble bien sombre et incertain, le fatalisme ne doit pas nous étreindre. “Il faut se rendre compte que l’appel lancé par l’ONU en 2015 a été extrêmement puissant en termes de prise de conscience”, assure Kelly Hebert. “Aujourd’hui, l’accélération des efforts pour le changement est indiscutable et inarrêtable”. Des solutions existent et l’investissement à impact social est certainement l’une des plus prometteuses. Cette stratégie d’investissement permet en effet de réaliser des placements dans des entreprises, des organisations ou des fonds qui cherchent à exercer un impact environnemental ou social positif. Et ce, tout en cherchant de dégager un rendement financier en ligne ou supérieur à un investissement traditionnel. “L’Impact Investing est une stratégie d’investissement qui peut intéresser tout le monde : les investisseurs particuliers, les banques, les fonds de pension ou encore les assureurs.” Le but est de rediriger les capitaux qui existent vers les entreprises ou les organisations à « fort bénéfice sociétal » qui, par leurs produits et/ou services, aideront à réduire le déficit de financement que nous connaissons actuellement.

Mais comment savoir si l’investissement que l’on fait aura vraiment un impact social ? “En vérifiant si l’organisation dans laquelle on place notre argent s’appuie sur 4 piliers bien spécifiques : l’intention, l’additionnalité, la transparence et la mesurabilité”. L’intention correspond à la motivation de l’organisation à réduire ou résoudre un problème social ou environnemental. “L’impact positif doit réellement faire partie de l’ADN de l’entreprise.” L’additionnalité doit démontrer que l’impact n’aurait pas été possible sans l’investissement dans le produit ou le service de l’entreprise. Quant à la transparence et à la mesurabilité, elles permettent d’assurer sa crédibilité et son efficacité. “L’un des critères les plus importants dans l’Impact Investing est certainement la mesurabilité”, explique Kelly Hebert. “C’est cet outil de mesure qui marque la différence avec l’investissement traditionnel. Si l’impact est mesurable, on sait directement à quoi notre argent va servir !” Et au final, n’est-ce pas cela que tout investisseur doit viser ? Des placements à la fois performants et utiles pour la planète.

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